Mots Tordus et Bulles Carrées

Blue World ( Yukinobu Hoshino )

Depuis quelques temps, plusieurs éditeurs s’attèlent à la réédition de certains succès du manga Seinen que j’ai eu la chance de lire étant adolescent. 
Parmi eux, on retrouve les excellents Say Hello to Black Jack de Shuho Sato aux éditions Glénat ou encore Eden d’Hiroki Endo aux éditions Panini Manga
 
Blue Hole de Yukinobu Hoshino ( traduit par Trou Bleu lors de sa première publication en 1996 chez Casterman ) est resté dans mon esprit comme un souvenir de lecture plutôt agréable. 
 
Blue Hole 
Nouvelle édition chez Pika Graphic ( 2 tomes )
 

 

Alors, lorsqu’au hasard de mes pérégrinations de lecteurs, je suis tombé sur sa suite Blue World ( jusque là inédite en France ), éditée chez Pika graphic, un relent de nostalgie s’est emparé de moi. 
Je sais pourtant que ce n’est pas bien, qu’il faut se méfier de la nostalgie, mais après tout, qui n’aime pas les dinosaures ? 
 
 
Blue World, qui peut être lu séparément de son prédécesseur, reprend une partie de sa trame. 
Des cadavres de dinosaures apparaissent mystérieusement un peu partout sur terre en passant par des  » trous bleus ». Le gouvernement britannique, aidé de l’armée américaine et du professeur Camelot, envoie une expédition à travers un de ces trous et se retrouve bloqué au Jurassique. 
Une quête pour la survie du groupe est lancée. 
 
J’ai déjà eu l’occasion de retomber sur le travail de Yukinobu Hoshino avec Moon Lost ( aux éditions Black Box ) et j’avais apprécié cette atmosphère de Science fiction eighties. 
 
 
D’ailleurs, graphiquement, on est en plein dedans. 
Loin des clichés typiques du manga, le trait d’Hoshino lorgne plutôt vers un certain réalisme qu’on retrouvait chez de nombreux mangakas à cette époque (Tsukaza Hojo pour n’en citer qu’un). 
 
Pour son histoire, l’auteur s’inspire très fortement d’un classique du cinéma américain : Jurassic Park
Il ne s’en cache pas vraiment et multiplie même les clins d’œil (Camelot est un sorte de sosie jeune d’Hammond et le film est même cité au cours de ce volume).
 
Camelot ou Hammond jeune ? 
Cependant, si le manga marque sa différence, c’est sur sa retranscription des faits scientifiques ou de la politique.
Classé dans la hard science, Yukinobu Hoshino n’hésite pas à retranscrire de nombreux faits scientifiques (avérés ou se voulant réalistes) lors de longs dialogues explicatifs. 
Cela risque de déstabiliser les lecteurs plus habitués au rythme effréné des Shonen mais, après un premier chapitre assez bavard, le récit ne se montre pas avare en moments de bravoure. 
 
Fait plutôt rare, les personnages ne sont pas japonais mais essentiellement britanniques ou américains. 
L’armée américaine, comme dans beaucoup de mangas ( je pense à Akira), est plutôt vue comme un organe autoritaire qui n’hésite pas à mitrailler des dinosaures en ne prenant pas garde aux conséquences alors que les britanniques ( à l’image de Jean Hart ) sont plus modérés. 
La binationalité de cette expédition et les profils variés ( militaires, scientifiques, journalistes et même enfants ) rendent les interactions vivantes mais aussi tendues. 
Chacun a son propre objectif et une morale qui peut varier suivant les moments. 
Malgré tout, la survie ne peut se faire qu’en restant groupé et uni. 
 
Blue World est certes un Seinen mais il peut être conseillé à certains adolescents en quête de mangas différents. 
Le récit datant des années 90 garde une certaine fraîcheur qui n’est d’ailleurs plus présente dans la franchise des Jurassic Park
 
La série est prévue en 3 tomes ( tome 2 en avril
 
Petite anecdote au passage : les trous bleus existent vraiment. Ce sont des trous marins datant de l’ère glaciaire. 
Il ne manquerait plus que des dinosaures en sortent !!
 
 
Bulles carrées 

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