Mots Tordus et Bulles Carrées

Le cheval qui galopait sous la terre (Dedieu)

Les histoires d’amitié entre un enfant et un cheval sont nombreuses en littérature jeunesse. Dedieu, sur un idée soufflée par l’illustrateur Frédéric Marais, nous plonge dans ce court roman de la collection Petite Poche (éditions Thierry Magnier) sous terre, dans une mine de charbon. Le cheval ici s’appelle Grand-gris et le garçon Petit-Jean.

Une amitié hors normes

Petit-Jean a 13 ans quand il descend « au fond », dans le puits n°6, comme son père avant lui. Mais s’il va travailler à la mine, ce n’est pas par obligation. Fasciné par l’univers métallique et sombre des mineurs, il a demandé à être pris comme « toucheur« , c’est-à-dire meneur de cheval.

Car dans cette mine, un seul cheval est hercheur et tire les wagonnets de charbon depuis un an sous terre, sans jamais avoir revu la lumière du jour. On l’a appelé « Gaillard », à cause de son caractère nerveux (ne le serait-on pas à moins, au milieu de l’obscurité) mais Petit-Jean l’a bien reconnu. C’est Grand-Gris, le Trait du Nord de la ferme à Félix.

Le jeune garçon lui amenait des quignons de pain lorsqu’il sortait de l’école. Mais c’était avant. Avant qu’on ne le vende à la Compagnie des Charbons. Et qu’on ne l’envoie dans la nuit perpétuelle, se déchirer le dos aux roches des galeries étroites.

Un duo, au-delà des mots

Le lien qui unit le garçon et le cheval est avant tout sensible.

Tout avait commencé par un regard, dans le pré de Félix. Désormais, ils sont liés par des caresses mais aussi des sensations partagées. Des pas rythmés dans les intervalles des traverses, un courant d’air sur le pelage, un galop dans une ancienne galerie désaffectée.

Car Petit-Jean a compris le désir de liberté de Grand-Gris. Son désir impérieux de retrouver l’air libre, la surface et la nature. Alors il va mettre au point un plan pour le ramener à l’extérieur.

« La remontée, c’est pour ce soir. L’air. Le vent. La vie d’avant pareille qu’avant. »

« C’est la vie qui revient par le mufle et jusqu’aux entrailles. »

Dans une langue simple, poétique et vibrante, Thierry Dedieu donne à lire et à entendre les sensations retrouvées, le bonheur des plantes sauvages, des odeurs, des couleurs et du soleil. Le temps qui change, le temps qui passe. La liberté.

Après cela, comment retourner « au fond » ?

Pourquoi lire Le cheval qui galopait sous la terre ?

Auteur et illustrateur, Dedieu offre aux lecteurs un texte sensible et sensitif sur l'amitié et la liberté qui emportent. Nul besoin ici d'images pour accompagner cette histoire que les mots font vivre et ressentir. "Le cheval qui galopait sous la terre" a la simplicité et la force d'un rêve : celui d'être libre et de vivre sans entraves. 

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