Mots Tordus et Bulles Carrées

Le monde merveilleux de Guillaume Bianco

 

Quand je suis tombé la première fois sur Billy Brouillard, ce fut le coup de foudre. 
Exactement le type d’oeuvre que je voulais lire. 
J’ai même eu l’audace de lui dire ( parce que je griffonne un peu de mon côté ) que c’était exactement le genre de récit que je voulais faire.
Je me rappelle qu’il avait pris ça comme un chouette compliment, ce qui prouve la gentillesse et la modestie du garçon.
Car soyons honnête, Billy Brouillard, c’est de la bombe en barre !

Et pourtant, rien ne laissait présager un tel récit quand on revient sur les premiers travaux de l’auteur.
C’est après une rencontre avec Didier Tarquin ( le dessinateur de Lanfeust , pour ceux qui se demanderaient ), que le jeune auteur fait ses premières armes chez Soleil Edition, en participant notamment au défunt Lanfeust Mag et en enchainant les projets collant à la ligne éditoriale de l’époque ( Will et Krashmonster )
 
Will
Guillaume Bianco
Soleil

 

Or, de son propre aveu, il vit mal cette époque. Il aime son personnage mais ne se reconnaît pas dans son travail ( trop méthodique ou académique pour lui ). 
Mais quand l’ennui commence à pointer son nez, c’est souvent l’occasion pour les auteurs talentueux de se remettre en question.
C’es ainsi qu’il s’amuse avec des petits de dessins «  à la va-vite », sans aucune recherche préalable. Sans le vouloir et presque intuitivement, le style graphique de Billy Brouillard était né.
On peut d’ailleurs remercier sa compagne sans qui l’initiative serait peut être restée dans sa poubelle de bureau.

Mais qui est Billy Brouillard ? 
 
 
C’est un jeune garçon possédant le pouvoir de « trouble vue » : il a l’étrange capacité de voir les créatures qui se tapissent dans la nuit pour effrayer nos petites têtes blondes. 

D’où lui vient son pouvoir ? A-t-il vraiment un don ? C’est une question qu’on se pose au moins sur le premier volume ( et qui en fait un conte fantastique par excellence ) et même si une explication est apportée par la suite, elle ne clôt pas la question de la réalité ou non de ce que voit Billy. 


L’univers de Guillaume Bianco fait forcement écho à celui de Tim Burton mais ses influences sont diverses allant de Calvin et Hobbes à Jim Henson ( le Muppet Show ). C’est un monde sombre, rempli de créatures étranges, aux destinées tragiques et souvent macabres. 

Mais ici, on ne craint pas d’effrayer les enfants. Au contraire même, un peu comme les contes originaux des frères Grimm ( et non ceux aseptisés de Disney ), la peur protège les enfants de dangers bien plus réels.
Des enfants qui ne sont d’ailleurs pas tout blancs, ils peuvent être eux aussi méchants et Billy en fait la preuve régulièrement, notamment dans le rapport qu’il entretient avec sa petite sœur. 
 

Enfin comment parler de Billy Brouillard sans parler de la composition des albums et du dessin de son auteur. 

Comme dit plus haut , l’univers est foisonnant et on retrouve cette profusion dans la composition graphique de l’album.
Chaque récit se décompose en plusieurs parties : l’aventure de Billy, quelques comptines macabres et des petites pages encyclopédiques consacrées aux créatures que notre héros rencontre.
La mise en page est inventive, laissant la place par moment à de vraies prouesses graphiques rappelant certaines illustrations de vieux livres illustrés                    ( fantastiques et horrifiques bien entendu ).
On pourrait reprocher un côté foutraque à l’ensemble mais c’est aussi cette liberté qui fait toute la richesse du travail de Guillaume Bianco.
 

 

Alors, pour qui est adapté Billy Brouillard ? 
 
Quand j’ai découvert l’oeuvre de Bianco, j’étais un tout jeune papa qui réfléchissait beaucoup à ce qu’on peut ou non faire lire à ses enfants. 
Ma fille a toujours été une grande lectrice et elle a été habituée à lire des histoires qui ne lui étaient pas forcement destinées « officiellement ». En plus, c’était une époque où j’avais l’impression qu’on abêtissait trop le monde de l’enfance. 
On était loin des contes de Grimm qu’on lisait pourtant à nos enfants et qu’on étudie au collège ( programme de 6eme pour rappel
 
Le détective du bizarre tome 1 
Guillaume Bianco 
Soleil Métamorphose
Alors pourquoi ne pas lire Billy Brouillard qui, en quelque sorte, est le descendant de cette approche ? 
 
A vous de décider mais au final, l’auteur apporte une résolution à ce dilemme avec de nouvelles aventures de son héros, dans le même univers, mais plus coloré et doux ( et qui donc convient largement à des lecteurs à partir de 10-11 ans avec en prime le petit gadget de la loupe qui risque d’en amuser plus d’un ). 
 
 
Pour les grands enfants, je ne peux que conseiller la lecture des albums originaux de Billy Brouillard ( celui consacré au Père Noël est un pur bijoux à mettre au pied du sapin à côté de « l’étrange noël de Mr Jack » ) 
 
Et pour les grands lecteurs, vous pouvez agrémenter cette lecture avec les « comptines malfaisantes » ( la synthèse parfaite entre le conte et le livre illustré , toujours dans l’univers de Billy Brouillard ) 
 
Les comptines malfaisantes 
Guillaume Bianco 
Soleil / Métamorphose


Guillaume Bianco est un auteur dont vous entendrez souvent parler ici car, que ça soit sur son œuvre charnière ou sur ses projets jeunesses ( Ernest et Rebecca), il a encore beaucoup de choses à nous raconter et personnellement, ce n’est pas moi qui 

vais m’en plaindre . 
Jasmine 
Guillaume et Thomas Bianco 
Urban Little



Melissandre, la petite sorcière 
Guillaume Bianco 
Urban Little
 
L’univers de Billy Brouillard peut servir de complément à l’étude des contes en 6eme ou illustrer celui sur le Fantastique pour les 4emes
Bulles carrées
 
Source : 

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