Les contrées salées (Hope Larson / Rebecca Mock)

Vonceil est impatiente de retrouver son frère Elber, de retour du front de la première guerre mondiale.
Mais le conflit, en dépit de ce qu’aimerait la jeune fille, a fait d’Elber un adulte et après avoir demandé Amélia en mariage, il s’apprête à reprendre les travaux de la ferme et n’a plus vraiment le temps pour jouer avec sa jeune soeur.
Mais Greda, une étrangère venue de lointaines contrées, surgit de nulle part et reproche à Elber de l’avoir abandonnée.
Ce dernier refuse de la suivre, prétextant un retour à la normale mais Greda n’accepte pas ce refus et part en maudissant sa famille.
Du jour au lendemain, toute l’eau de la vallée devient salée…

De la petite maison de la prairie …

La vie de famille dans l’Amérique d’après guerre

Quand on commence la lecture de cette bande dessinée, rien ne nous laisse présager de ce qui va arriver par la suite.
En effet, Hope Larson pose son intrigue dans l’Amérique profonde de l’après-guerre.
Elber, l’ainé, revient du front et a survécu à un conflit qui lui a laissé quelques marques sur le corps (et dans l’esprit).
Alors que le grand-frère est devenu, par la force des choses, adulte, sa jeune soeur Vonceil rêve encore d’évasion.
Au départ, le retour de son frère l’enchante.
Ils se ressemblent beaucoup et, alors que Vonceil est un peu à la marge du reste de la famille, elle ne peut que se réjouir de voir revenir la seule personne qui la comprend encore.
Ce qu’elle ne saisit pas immédiatement, c’est qu’Elber n’est plus vraiment la même personne.
Il est arrivé à l’âge où l’on prend des décisions : on se marie, on reprend le travail et on se prépare à construire une famille.
Vonceil n’est encore qu’une enfant.
Elle rêve de s’échapper de la cellule familiale, de vivre des aventures et de sortir de la monotonie de sa triste réalité.

Quand elle rencontre pour la première fois Greda , elle ne s’imagine pas que son voeu va être exaucé.
Et que, d’une certaine façon, elle va vivre ce qu’a vécu son frère.
Partir dans un territoire inconnu et revenir à jamais changé.

… aux contrées magiques

Une fête bien étrange

A partir du moment où Greda lance son sort sur les sources d’eau de la région, le récit prend une toute autre tournure.

Du réalisme d’après-guerre, on se retrouve dans un univers fantasmagorique largement inspiré des univers d’Hayao Miyasaki.
Vonceil décide de partir à la recherche de la sorcière pour l’implorer de rompre son sort.
Elle se lance dans une quête quasi mystique où elle fera la rencontre d’une étrange jeune femme et en apprendra plus sur le passé d’un des membres de sa famille.

Le personnage de Greda, aussi charismatique et démoniaque qu’elle puisse être, s’avère aussi assez émouvant.
Elle n’est au final qu’une femme déçue qui ne recherche qu’une chose simple : l’amour.
Ce qu’elle imposera à Vonceil pour pouvoir le (re)trouver semble d’ailleurs irréalisable.
Même si elle va faire son possible pour y arriver.
Cette aventure fera de la jeune fille agaçante et égoïste de la première partie, une véritable héroïne, prête à se sacrifier pour le bien commun.

L’esthétique adoptée par Rebecca Mock fait immanquablement penser à celle du maître de l’animation japonaise, notamment les scènes se passant dans la demeure de Greda.
Vonceil, d’ailleurs, a tout de l’héroïne Miyazakienne.
Cependant, il ne faudrait pas se tromper. Le dessin de Rebecca Mock a une touche plus réaliste, moins fantasmagorique, comme pour nous faire ressentir cette hésitation constante entre la réalité et la fiction.

Vonceil, tout comme Elber, reviendra transformée par son aventure.
Certains seront étonnés par le ton « doux amer » de la fin même si elle retranscrit, au final, assez bien le chemin parcouru par la jeune fille.

En résumé

Les contrées salées est un conte fantastique qui mêle habillement la réalité avec la fiction. 

Le scénario d'Hope Larson fait la part belle à Vonceil, une jeune fille aventureuse qui n'imagine pas les dangers qui l'attendent. 
Rebecca Mock illustre l'ensemble avec élégance et son trait, tantôt réaliste, tantôt fantasmagorique, fait un bel écho à l'univers d'Hayao Miyazaki. 

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