Marie-agnés rêve de devenir chanteuse.
Mais voilà, la destiné lui impose un tout autre rôle : celui d’archiduchesse.
Entre fêtes interminables et autres responsabilités, la jeune fille dégouline de stress.
Et les chaussettes de l’archiduchesse sont loin d’être sèches !
Une passion à l’encontre du destin

Les chaussettes de l’archiduchesse ne sont pas du tout sèches de Till The Cat et Agnès Ernoult est un album réjouissant emprunt de fantaisie.
Détournant les bases de la fameuse comptine « les chaussettes de l’archiduchesse », Till The Cat nous raconte les déboires d’une jeune aristocrate devenant choisir entre la volonté d’un père et sa passion de la chanson.
Sous la pression paternelle, cette dernière n’a d’autre choix que de prendre ses responsabilités et, ainsi, renoncer à son rêve.
Or, son corps ne peut cacher ses peurs intérieures.
Avec une bonne dose de dérision, le stress de la jeune fille est symbolisé par l’humidité constante de ses chaussettes.
Ses sueurs corporelles prennent la forme d’inondation que ses domestiques peinent à contrôler.
Pourtant, Till The Cat le montre dès les premières pages.
Au grand détriment de son père, Marie-Agnès est une artiste et ses colères n’y changeront rien.
La morale, aussi simple soit-elle, reste universelle.
Till The Cat, papa au foyer blogger, le sait très bien.
La destiné envisagée par les parents n’est pas forcement celle souhaitée par leurs enfants. L’accepter, c’est prendre en compte, en premier lieu, leur bonheur.
Luminosité et expressivité

Agnès Ernoult, illustratrice rennaise exerçant depuis maintenant une petite dizaine d’années, s’occupe de mettre en image les petits « malheurs » de Marie-Agnès.
À travers Les chaussettes de l’archiduchesse ne sont pas du tout sèches, nous retrouvons un style emprunt de facéties.
Le trait est gracieux et coloré. Les costumes d’époque sont tous plus magnifiques les uns que les autres. On sent un certain amusement dans l’exploration d’une époque grandiloquente.
Son dessin, expressif à souhait, rend parfaitement compte du désarroi de Marie-Agnès ou des colères de son père.
Ses aquarelles apportent de la fluidité et de la luminosité à des illustrations, en double page, d’une grande inventivité narrative.
On s’amusera d’ailleurs du ballet de domestiques, s’évertuant à sécher les pieds de l’archiduchesse.
Un petit régal qui n’est pas sans rappeler la patte graphique du duo Kerascoët !
En résumé
Les chaussettes de l'archiduchesse ne sont pas du tout sèches de Till The Cat et Agnès Ernoult est un album sympathique à la morale universelle.
Derrière ce détournement amusant d'une comptine bien connue, Till The Cat démontre que la volonté d'un père ne doit pas rentrer en conflit avec les réelles désirs de sa fille.
Si cette dernière accepte sa destiné, c'est au dépend de son propre bonheur.
Et franchement, des chaussettes constamment humides, c'est loin d'être agréable !
Aux illustrations, Agnès Ernoult nous ravit avec un trait expressif, emprunt d'humour et de fantaisie.
Ses aquarelles, lumineuses et colorées, sont un pur ravissement pour l'oeil.
Une belle découverte !



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