Mots Tordus et Bulles Carrées

Interview Fabrice Erre (La drôle de guerre de Papi et lucien)

En cette journée de pré-élection, rien de mieux qu’une petite interview de Fabrice Erre concernant sa dernière oeuvre, en collaboration avec Tehem : La drôle de guerre de Papi et Lucien (chronique ici).

Pouvez-vous nous raconter comment s’est passée votre collaboration ? 

Les éditions Auzou ont accepté le scénario que je leur ai soumis, et m’ont mis en contact avec Téhem, que je n’avais pas rencontré auparavant. Immédiatement ses premières représentations des personnages m’ont emballé, son trait est vraiment parfaitement adapté au ton de l’histoire et ajoute à sa fluidité. Tout s’est donc passé très simplement, ce qui n’est pas toujours évident dans un projet qui prend plusieurs mois, où parfois la période « d’acclimatation » est plus longue !

Quelles ont été vos influences pour créer le personnage de Papi ? Et celui de Lucien ?

Un duo comique

Il y a énormément de duos comiques dans l’histoire de la bande dessinée (et du cinéma), toujours très contrastés, donc beaucoup d’entre eux m’ont sans doute inspiré. Ici, je souhaitais que le contraste se fasse sur les générations, c’est un fossé qui a toujours un potentiel comique intéressant, et dans ce cadre, il permettait de mettre en présence un ancien de la Première Guerre mondiale et un enfant de la Seconde.

Comme dans les albums d’Astérix, l’aventure de Papi et Lucien peut être lue avec des yeux d’enfant et avec un regard d’adulte grâce aux nombreux clins d’œil comiques : était-ce une volonté que l’album passe entre toutes les mains de la famille ? 

Action et humour

Quand on écrit une histoire, je crois qu’on cherche d’abord à se faire rire, soi, et par conséquent on parle à la fois à l’enfant qu’on a été et aux différents stades d’adulte qu’on a traversé, tout ce qu’on garde en fait en nous. J’ai apprécié qu’Héloïse Ragot, notre éditrice chez Auzou, me laisse cette liberté, sans chercher à cadrer le ton. En tant que lecteur, j’aime beaucoup relire des albums que j’ai aimés à différents âges, et y découvrir de nouvelles choses.

Un des objectifs de cette BD est-il d’apprendre l’Histoire en riant ?

un cadre factuel historique

Tout le cadre factuel (dates, événements tels que l’exode…) est en effet respecté (et fait l’objet d’un petit dossier à la fin), mais l’idée est d’y faire évoluer des personnages bien fictifs, sans qu’il y ait de doute là-dessus. Donc oui, on peut apprendre et se divertir (d’ailleurs, c’est souvent comme ça qu’on apprend le mieux).

Y aura-t-il un tome par an jusqu’en 1945 ? Lucien résistant ? Papi sur les plages du Débarquement ?

Ce serait formidable en effet de suivre l’évolution de ces personnages, la manière dont Lucien pourrait grandir dans ces circonstances… J’espère qu’on pourra le faire jusqu’à la fin de la guerre. Pour le moment, un deuxième tome est envisagé sur 1941, un nouveau voyage mais cette fois-ci ni sur terre ni dans les airs comme dans le premier (teaser)…

La confrontation des générations est un ressort comique mais aviez-vous une idée derrière la tête en mettant en scène la relation assez moderne entre Lucien et son grand-père ?

Pas vraiment d’idée préconçue… Beaucoup d’auteurs racontent de quelle manière ils ont vu évoluer leurs personnages de manière autonome dans l’histoire où ils les lançaient, ça m’intéressait d’expérimenter ça. Je ne savais pas trop où aller mener cette relation, mais elle est à la base de l’histoire : deux générations qui réagissent à un événement, et finalement se lancent dans un road-trip où chacun accompagne l’autre, de son expérience ou de sa fougue.

Etes-vous plutôt 7e compagnie ou Jojo Rabbit ? N’est-ce pas compliqué de faire rire avec des sujets sensibles (les cruciverbistes auraient pu changer la face du monde ????) ?

Les deux mon général ! Le champ d’action de la comédie est immense, on le sait depuis l’Antiquité, et de la grosse farce à la satire la plus subtile, tout est bon pour parler de ce qui fâche, qui fait peur, qui pose question. Il y a bien sûr un tempo à prendre en compte, c’est plus délicat de rire de certains sujets à certains moments, mais il ne faut pas se priver de ce formidable vecteur de parole et de partage.

Un grand Merci à Fabrice Erre pour ses réponses.

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