Sous un pont vit un troll.
Un troll affamé, lassé de se nourrir de détritus.
Un jour, une petite chèvre traverse son territoire. Ni une, ni deux, il profite de l’occasion et se prépare à dévorer la frêle créature.
Mais la chèvre lui propose un marché qu’il ne peut refuser…
Une fable moderne

Les trois boucs bourrus de Mac Barnett & Jon Klassen est le parfait dérivé moderne de la fable classique.
Partant d’un fond de fantaisie, avec ce personnage du troll, les auteurs utilisent avec malice les codes d’un genre traditionnel tout en le liant à une ambiance, au moins sur la forme, obscure.
Le troll est crasseux, affamé, un poil grotesque.
Il faut dire que le dessin de Jon Klassen ne l’épargne pas .
Ce grand nez et ses yeux globuleux reflètent à certains égards la naïveté d’un monstre condamné à se faire avoir.
Et forcement, il n’est pas du genre à se méfier d’une simple chèvre.
Surtout que cette dernière n’est pas des plus vigoureuses.
Et pourtant, c’est avec douceur qu’elle va se jouer du Troll.
Malgré une mise scène répétitive, inhérente au genre, le dessin joue un rôle capital.
Par un jeu subtil d’expressivité, on saisit, sans que rien ne soit mentionné dans le texte de Mac Barnett, toute l’expressivité de deux personnages.
On retrouve ainsi la dualité qui confronte nos deux personnages, accentuée par des techniques narratives rythmant un récit malin et franchement amusant.
On s’attend presque à la morale de fin mais elle laisse la place à un final plutôt grandiloquent, permettant de conclure cette fable avec justesse.
Car après tout, cette morale est évidente et il ne sert à rien de la dicter.
Malgré sa grande simplicité, l’intrigue n’est pas moins cynique sur la situation du troll.
Au fond, on trouve toujours plus fort ( et surtout plus malin ) que soit.
En résumé
Les trois boucs bourrus de Mac Barnett § Jon Klassen reprend de façon astucieuse tous les codes de la fable traditionnelle. Jon Klassen, avec un style graphique moderne et original, illustre à merveille toute la dualité qui oppose ces deux personnages. La morale, classique mais efficace, nous rappelle qu'il faut toujours se méfier des apparences et que la loi du plus fort n'est pas celle que l'on croit.


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