Les vieux fourneaux est le récit de 3 septuagénaires aux caractères bien trempés, Emile, Antoine et Pierrot.
Ils sont accompagnés de la jeune et pétillante Sophie.
Chaque volume est une histoire complète plongeant dans les souvenirs des personnages et des habitants de Montcoeur.
Tome 8 : graines de voyous

Cette année, l’été caniculaire donne des sueurs aux habitants de Montcoeur.
Mais ce n’est pas cette chaleur qui empêchera Sophie de fêter dignement les 60 ans du « Loup en slip ».

Si Le loup en slip a 60 ans, Les vieux fourneaux pointe tranquillement leur huitième année de bons et loyaux services.
Qui aurait imaginé qu’à la lecture du premier tome de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet, on suivrait les aventures de nos têtes brûlées toujours avec autant de plaisir ?
Et pour ce volume, Wilfrid Lupano profite de la fête d’anniversaire pour renouer avec l’ADN originel de la série, en revenant, une nouvelle fois, sur le passé d’Emile et sa rencontre avec Lucette.
Et décidément, l’arrivée de Lucette à Montcoeur a laissé des traces.
Ainsi, on replonge avec tendresse et humour dans ce passé où tout a commencé.
Ce huitième opus est un très bon cru.
Avec malice, Wilfrid Lupano s’amuse avec des personnages que l’on commence à parfaitement connaître.
À cet égard, Pierrot est égal à lui-même. Avec ce résistant jusqu’au boutiste, le scénariste creuse un peu plus profondément les répercussions familiales d’un tel engagement.
Toujours avec sa bonne humeur et son humour, Wilfrid Lupano développe des personnalités attachantes, en faisant de Montcoeur, un microcosme d’humanité bouillonnant et plein de vie.
Comme à son habitude, le scénariste en profite pour nous mettre en garde contre cette société du « tout informatique » et de ces conséquences climatiques inexorables.
N’y voyez aucune morale, juste des faits. Il fait de plus en plus chaud et les conséquences sont tout simplement visibles à l’oeil nu !
D’ailleurs, elles seront le point de départ d’une résurgence émotionnelle inattendue !
Franco-belge nouvelle génération

Avant Les vieux fourneaux, je ne connaissais que partiellement la bibliographie de Paul Cauuet.
J’étais passé à côté d’Aster et je ne garde que peu de souvenirs de L’honneur des Tzarom, sa première collaboration avec Wilfrid Lupano.
À la base, ce n’est pas mon style de prédilection.
Le trait est certes vif, expressif et détaillé mais, étant plutôt un adepte de l’école comics, l’aspect très codifié du franco-belge aurait pu me sauter au visage.
Et pourtant, je suis, tome après tome, devenu un vrai fan de son style graphique.
Par la diversité et l’expressionnisme de ses trognes ou la gestuelle de notre trio de vieux bougons, on découvre un dessin vivant, à la joie de vivre communicative.
Les personnages vivent littéralement à travers les pages de la série.
Alors oui, la mise en page ne déborde que très rarement mais Paul Cauuet s’empare de cette « contrainte » pour mettre en scène des coups de gueules mémorables dans des planches pleines de vie.
Prix et récompenses
- Prix des Libraires de BD pour Les Vieux Fourneaux, t. 1 – 2014
- Prix Saint-Michel du meilleur album francophone pour Les Vieux Fourneaux, t. 1 – 2014
- Prix du public Cultura au festival d’Angoulême pour Les Vieux Fourneaux, t. 1 – 2015
- Prix de la BD Fnac Belgique pour Les Vieux Fourneaux, t. 1 – 2015
- Prix Saint-Michel Humour pour Les Vieux Fourneaux, t. 4 : La Magicienne – 2018
- Prix Sproing de la meilleure bande dessinée étrangère pour Les Vieux Fourneaux – 2020
En résumé
Année après année, Les vieux fourneaux de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet est devenu un incontournable de la bande dessinée franco-belge.
À travers le passé et le présent d'un trio de vieux briscards, Wilfrid Lupano s'amuse à déconstruire cette image caricaturale d'une vieillesse passive.
Emile, Victor et ce bon vieux Pierrot, aux colères homériques, sont le reflet d'une société (bien loin du parisianisme) et ils ne se laissent pas marcher dessus.
Loin d'être irréprochables, leurs défauts nous rappellent à quel point on aimerait leur ressembler au même âge.
Le dessin de Paul Cauuet reflète toute cette bonne humeur, entre un expressionnisme réjouissant et des attitudes exacerbées.
Les vieux fourneaux est une oeuvre militante mais avant tout hilarante et humaniste.


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