« On est tous un peu bête. » Voilà une affirmation qui met tout le monde d’accord… sauf peut être ceux qui le sont vraiment et ne se rendent pas compte de leur bêtise. Mais au fait, faire des bêtises, dire des bêtises ou penser des bêtises, signifie-t-il que l’on n’est pas intelligent? Jean-François Marmion et Marie Dortier nous aident, avec La bêtise, c’est quoi ? à y voir plus clair, pour comprendre comment on peut devenir plus intelligent en réfléchissant à nos petites bêtises.
« La bêtise n’est pas toujours le contraire de l’intelligence »
On oppose souvent « bêtise » et « intelligence » alors qu’on peut être bête par manque d’intelligence mais aussi utiliser sa grande intelligence pour faire des bêtises.
Jean-François Marmion, psychologue et journaliste, en sait quelque chose puisqu’il a déjà publié plusieurs ouvrages sur le sujet : Psychologie de la connerie ou Psycho pop : Une plongée déconnante dans la psychologie des héros et anti-héros.
Ici, il s’adresse à la jeunesse et apporte des informations claires et parlantes aux lecteurs et lectrices.
D’abord, il définit ce qu’est la bêtise. Puis il s’intéresse aux deux vitesses de la pensée et au QI.
C’est un peu comme avec le vélo. Dans une descente, c’est facile, tu vas très vite… mais tu peux tomber. Dans une montée, c’est beaucoup plus dur, tu dois faire des efforts, mais, au final, c’est payant !
Le psychologue Daniel Kahnerman a d’ailleurs montré que nous avons deux vitesses dans notre cerveau : une vitesse rapide (le « système 1 ») qui nous permet de penser très vite, et une vitesse lente (le « système 2 ») qui nous oblige à nous concentrer et bien réfléchir. Le plus souvent, on réfléchit avec le système 1 et quand le système 1 nous fait faire des erreurs, hop ! on change de vitesse et on utilise le système 2. On ne peut pas dire que le système 1 est bête alors que le système 2 est très intelligent. Les deux sont pratiques !
Plusieurs notions de psychologie, liées à la bêtise, sont ensuite présentées et analysées : les biais cognitifs, les stéréotypes, l’effet de groupe, les réseaux sociaux.

Enfin, dans une dernière partie, il répond à des questions que se posent les jeunes lecteurs: Les filles sont-elles moins bêtes que les garçons ? Est-ce que les gens sont plus bêtes qu’avant ? Les parents peuvent-ils être bêtes ? Les enfants sont-ils plus bêtes que les adultes ?
Finalement, la dernière question est la plus essentielle : Qu’est-ce qu’on peut faire pour être moins bête ?
Socrate, un philosophe de l’Antiquité, disait : « Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien. C’est le début de l’intelligence. »
Et, en effet, se poser la question de savoir si l’on est bête et surtout de comment l’être moins (puisqu’on l’est tous un peu parfois) est essentielle !
Comprendre l’humain pour comprendre la bêtise
La bêtise, c’est quoi ? est un petit documentaire très efficace.
Son propos est clair, facile d’accès grâce notamment à ses exemples parlants pour les jeunes lecteurs et lectrices : Rantanplan et Voldemort, les héros du film Élémentaire, les trolls des réseaux sociaux, Matilda, l’héroïne surdouée de Roald Dahl et ses parents ultra bêtes…
L’adresse aux lecteurs à la 2e personne les implique dans la démarche et la réflexion avec fluidité.
Alison Gopnik travaille à l’université de Berkeley, en Californie. Philosophe, elle est aussi l’une des plus grandes spécialistes de la psychologie de l’enfant. Pour elle, un enfant a beaucoup de chance. Il apprend plus que n’importe quel adulte, et tout naturellement, sans même s’en rendre compte ! Et pas seulement à l’école. Il apprend tout el temps ! EN observant, en imitant, en jouant, il comprend petit à petit comment marche le monde. Il apprend à manier des objets, marcher, parler, lire, compter, tout ça en s’amusant. Des années d’apprentissage sans s’arrêter. Apprendre, c’est le contraire d’être bête !
Enfin, les illustrations et le graphisme de Marie Dortier rendent le tout accessible et dynamique.

Le livre offre en 45 pages des clés pour comprendre le monde, pour poser un autre regard sur celui qu’on considère comme bête ou même sur soi-même. Ce qu’on retient c’est surtout qu’il faut essayer de se comprendre et de comprendre l’autre pour lutter contre la bêtise. Pour faire un grand pas en avant vers l’humilité et le questionnement.
Pourquoi lire La bêtise, c’est quoi ?
La bêtise, c'est quoi ? est un petit documentaire à mettre entre toutes les mains (enfants et adultes). Il interroge nos biais cognitifs, l'effet de groupe et autres stéréotypes afin de mieux mettre en valeur le fonctionnement de notre psychologie et de nos préjugés. On en ressort mieux armés contre la bêtise car plus clairvoyants quant au fait qu'on la manifeste nous même parfois. L'ouvrage de Jean-François Marmion et Marie Dortier est facile d'accès et répond à de nombreuses questions des jeunes lecteurs et lectrices. Il encourage à la compréhension de l'autre et à l'humilité face à nos propres bêtises.


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