Les aventures de Sparky, le célèbre chasseur de trésors et de son fidèle apprenti, Pugsly.

La caverne de l’illusion

Tout commence dans un bar.
Le courageux Sparky vante sa vie d’aventurier à son acolyte Pugsly tout en s’empiffrant copieusement.
Mais quand vient le moment de l’addition, la vérité éclate …. Ils n’ont pas une thune !
Prêts à partir à la recherche d’un trésor afin de combler leurs dettes, les deux aventuriers rencontrent un vieux fermier qui leur indique l’emplacement d’un trésor à l’intérieur d’une cathédrale abandonnée.
L’affaire sent le piège à plein nez mais après tout … Qui ne tente rien, n’a rien !
Des aventuriers pas très sérieux

En réalité, Sparky et Pugsly ne sont pas de grands aventuriers.
Toujours à sec, ils recherchent de petits trésors facilement acquis.
Sauf que, pour le coup, tout semble un peu trop facile.
Car voilà, si ce ne sont pas de grands costauds, ils ne sont pas complètement idiots et reniflent l’entourloupe.
Cependant, ils ne sont pas dénués de courage et tentent le coup.
Sparky a un côté chevaleresque qui fonctionne bien. Il est conscient du danger qui l’entoure et n’hésite à l’affronter.
Pugsly, c’est un peu l’inverse.
Comme tout bon novice, il fonce sans trop réfléchir ce qui lui attire très rapidement des ennuis.
Du coup, le duo est parfaitement équilibré.
L’intrigue, avant tout axée pour les plus jeunes, est rythmée et multiplie les actes de bravoure allant de simples guerriers squelettes jusqu’au combat final contre l’instigateur de ce piège tordu.
Si l’action est bien présente, l’humour n’est pas en reste et le côté cartonnesque, présent dans le dessin, se retrouve aussi dans les dialogues et les situations mises en images.
On ne s’ennuie pas.
On en redemande même un peu plus.
La quête de l’os doré

Sparky et Pugsly sont de retour. Toujours à la recherche de trésors cachés, les deux aventuriers sont recrutés par le nouveau Prince de Pawston. Leur mission : retrouver les légendaires Os Dorés, égarés par le roi de la cité. Or la tradition est claire, celui qui détient les os, détient le pouvoir.
Une aventure en prime time

C’est non sans un certain plaisir que nous retrouvons notre duo de pseudo aventuriers.
Cependant, certaines choses n’ont pas changés. Sparky, toujours à la recherche d’une bonne tablée, se fait passé pour ce qu’il n’est pas tout en donnant des leçons au jeune Pugsly, pantois d’admiration devant son maître.
Si la première aventure pouvait paraître légère, Michael Sweater et Josue Cruz se donnent, cette fois-ci, les moyens de leurs ambitions. Et des ambitions, comme des idées , ils n’en manquent pas.
Cette nouvelle quête s’étale sur pas loin de 200 pages. Elle a largement la place de développer une intrigue, un univers et des personnages, tous plus décalés les uns que les autres. Et ainsi, on découvre Pawston, capitals empire canin qui, on le comprend assez rapidement, ne connait qu’une seule race, la leur. Ainsi quand Sparky rencontre le prince de Pawston, qui n’est autre qu’une grenouille, il trouve le physique disgracieux mais n’y voit que les traits d’une race de chien méconnue. Il en est de même pour les chats dont l’existence tient de la superstition. Cette idée incongrue et amusante, crée des quiproquos et une forme de décalage cartoonesque, frôlant par moment l’absurde. En cela, on retrouve l’esprit « Cartoon Network » avec un mélange équilibré entre une aventure parfaitement rodée et un humour décapant.
Car l’aventure est bien au rendez-vous. On suit cette quête qui prend la forme d’une enquête, amenant notre duo à des alliances étonnantes. Ainsi, Izzy est une magicienne qui cherche sa place au sein d’un royaume qui ne lui accorde guère d’attention. Un brin prétentieuse, elle sait ce qu’elle vaut et elle a bien du mal à se faire aux méthodes peu orthodoxe de Sparky.
Quant à lui, il est égal à lui-même. Loin d’être incompétent, il n’est juste pas le héros qu’il aimerait être. Pour cette deuxième aventure, c’est Pugsly qui attire toute notre attention. Le jeune apprenti est toujours aussi naï mais cette aventure lui permet de mettre en valeur des qualités insoupçonnées. Fortement attaché à Sparky, et réciproquement, la déception peut avoir des effets dévastateurs pour le jeune chiot. Même si, heureusement, la rigolade prime avant tout !
En définitif, Puppy Knights : la quête des os dorés est une réussite. Plus vaste, plus drôle, l’oeuvre est un ode à la liberté, se moquant des règles et de ceux qui tentent de les imposer. Au final, chacun est libre de faire ce qu’ils veut et c’est très bien comme cela !
Un véritable travail d’équipe

Ce qui attire en premier lieu dans le Puppy Knight de Michael Sweater et Josue Cruz, c’est ce dessin rond et expressif qui évoque les designs de Miyasaki ou de Jeff Smith ( avec une petite touche Space Boulettes de Craig Thompson ).
Les personnages sont bourrés de mimiques hilarantes et l’univers fantaisie, à la sauce canine, est efficace, tout en respectant les codes du genre. Le second tome apporte d’ailleurs un peu plus de diversité en multipliant les races canines et autres animaux, se prenant pour des chiens. En cela, le design du Prince de Pawston est une vrai réussite de simplicité expressive, débouchant sur un boss final extrêmement convaincant.
D’ailleurs le second volume paraît plus ambitieux en terme de choix narratif. On notera une attention toute particulière portée aux onomatopées qui , à l’instar de BirdKing, prennent forme au sein même du récit. De plus, la mise en page s’avère inventive avec de nombreuses pages doubles offrant une multitudes de détails à picorés ic et là. Le dessin est globalement extrêmement détaillé, tout en conservant lsa souplesse et son dynamisme cartoonesque.
Comme nous le montre le petit cahier graphique publié à la fin des deux ouvrages, la méthode artistique est rodée.
Véritable travail à 4 mains, tout débute avec les ébauches de designs et les storyboards de Michael Sweater.
Puis Josue Cruz prend le relai pour donner du corps à l’ensemble.
C’est aussi lui qui a la charge de la couleur.
Cette association permet un certain confort pour chacun des artistes.
Josue Cruz peut ainsi se concentrer sur les personnages alors que la mise en page est entre les mains de son co-auteur. Cependant, comme mentionné sur le second volume, le dessinateur conserve une certaine souplesse qui interprète les story-board de son collègue à sa façon.
D’une certaine façon, ils reproduisent la méthode collaborative qu’ils connaissent et qu’ils ont utilisés jusque là : celle de l’animé.
En résumé
Puppy Knight de Michael Sweater et Josue Cruz est une série jeunesse hautement sympathique.
Grâce à son ambiance cartoon, elle propose des aventures addictives tout en posent les bases d'un univers en devenir.Et effectivement, le second tome laisse court à l'inventivité de leurs auteurs.
On retrouve avec plaisir notre duo de chasseurs de trésors pour une quête étonnante aux multiples rebondissements. Le récit est un parfait équilibre entre une aventure rondement menée et un humour rempli de dérision et de non sens.
Graphiquement, la méthode à 4 mains des deux auteurs fait des merveilles. D’ailleurs, le second volume est l’occasion de multiples expérimentations narratives, tout en conservant cette adorable patte cartoonesque.
Puppy Knight est une oeuvre attachante, sorte de cartoon sur papier, qui plaira autant aux jeunes lecteurs qu'à leurs parents .


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