Alors qu’un nécromancien kidnappe la princesse Ignélia, l’emprisonnant dans le dernier étage de la tour des dragons, la garde royale s’organise pour lui porter secours.
Après un premier échec, la population aux alentours se retrouve mobilisée.
Ainsi, Yuva, un jeune homme à la force prodigieuse, est enrôlé pour cette périlleuse mission.


Donjons et dragons

Tower Dungeon est la dernière série du cultissime mangaka à l’origine de Blame : Tsutomu Nihei.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne suis pas forcément un fanatique de Blame.
Si l’oeuvre a marqué mon esprit, c’est avant tout pour son dessin aux environnements abyssaux enveloppés d’une ambiance poisseuse et silencieuse.
Cependant, la quête de son héros est unique. Et, des années plus tard, elle imprègne encore de nombreux lecteur.rices.
Personnellement, je me suis rapidement lassé et, si j’admirais le dessinateur et le créateur d’univers, je n’encensais pas forcément le conteur.
D’ailleurs, je n’ai retrouvé le mangaka que tardivement, par le biais de l’excellent animé, Knight of Sidonia.
Tower Dungeon sonne donc comme des retrouvailles.
Et, pour le coup, c’est aussi le signe d’un renouvellement pour Tsutomu Nihei.
Reconnu pour ses univers post-apocalyptiques, le mangaka fait ici un détour par la fantaisie.
Un style toujours aussi sombre mais étonnement classique, allant jusqu’à reprendre les codes de Donjons et Dragons.
Et, en effet, la sèrie ne cherche pas vraiment à bousculer nos habitudes.
Une princesse a été enlevée et il faut la libérer.
L’équipe, dont fait partie Yuva, gravit les étages un par un en affrontant des créatures toutes plus dangereuses les unes que les autres.
Un trio se forme, des affinités se créent autour de multiples rencontres.
Et forcément, l’ombre d’un dragon plane.
Résumé comme cela, Tower Dungeon pourrait n’être qu’un énième récit de fantaisie.
Les protagonistes prennent petit à petit de l’ampleur même si l’ensemble reste à peine esquissé.
Yuva se montre héroïque mais il faudra attendre elle tome 3 pour en apprendre un peu plus sur ses origines et les raisons de cette force herculéenne.
Quant aux autres membres de le garde, ils ne restent pour le moment que de simples archétypes.
Heureusement, le mangaka prend le parti de se concentrer sur deux d’entre eux : Lilisen et Eriquo, les deux mages du groupes.
Au bout de trois volumes, il est encore difficile de s’enchanter totalement pour la proposition de Tsutomu Nihei. Certes, l’objectif est clair et l’univers reste assez riche mais Tower Dungeon manque, pour le moment, de réelle surprise.
Surtout que la grande spécialité du mangaka, la mise en ambiance, n’est pas forcement au rendez-vous.
La patte graphique de Tower Dungeon

Graphiquement, Tower Dungeon reste diffèrent de Blame.
Déjà, le style de Tsutomu Nihei a évolué.
Alors que le trait du mangaka sur Blame était charbonneux, viscéral et torturé, celui qu’il adoptera par la suite s’avère beaucoup plus lumineux.
Les masses d’ombres disparaissent, laissant la place à un trait minimaliste mais accentué par un encrage acéré.
Bien sûr, on retrouve son attachement pour les architectures complexes et les premières scènes lors du voyage de Yuva vers le donjon ne sont pas sans rappeler les ambiances de son premier manga.
Ainsi, avec Tower Dungeon, il porte tout d’abord son attention sur le décorum général. Les costumes et les créatures ont été pensés comme des éléments d’un univers global et crédible.
Comme à son habitude, il s’amuse à élaborer des monstres tous plus effrayants les uns que les autres.
Si on retrouve les inévitables morts-vivants ou le dragon, rappelant la morphologie de ceux d’Escaflowne, le mangaka nous régale de designs complètement dingues à l’instar de ses chevaliers en armure complète ou de l’effroyable monstre du cinquième niveau.
Malgré tout, contrairement à Blame, l’atmosphère générale ne nous emporte pas totalement. Le trait peut paraître trop classique même s’il se montre efficace dans la création d’un monde déjà palpable.
En résumé
Tower Dungeon signe le retour du cultissime auteur de Blame : Tsutomu Nihei.
Délaissant, au moins un temps, les univers post-apocalyptiques pour les donjons de dark fantasy, Tsutomu Nihei nous propose une série efficace mais terriblement classique.
S'il est difficile pour le moment de nous attacher réellement aux protagonistes, il faut avouer que le trait du mangaka fascine toujours autant.
Entre les architectures envoutantes et les créatures aux designs horrifiques, le mangaka crée un univers saisissant qui nous emporte en quelques coups de crayon.
Malgré tout, on espère que les prochains volumes développeront ce lore surtout qu'après 3 tomes, on reste encore sur notre faim !

