Tower Dungeon (Tsutomu Nihei)

Alors qu’un nécromancien kidnappe la princesse Ignélia, l’emmenant dans la tour des dragons, la garde royale s’apprête à lui porter secours.
Après un premier échec, la population aux alentours se retrouve mobilisée.
C’est ainsi que Yuva, un jeune homme à la force prodigieuse, est enrôlé pour cette périlleuse mission.

Donjons et dragons

Enflammé

Tower Dungeon est la dernière série du cultissime mangaka à l’origine de Blame : Tsutomu Nihei.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne suis pas forcément un fanatique de Blame.
Si l’oeuvre a marqué mon esprit, c’est avant tout pour son dessin aux environnements abyssaux enveloppés d’une ambiance poisseuse et silencieuse.
Cependant, la quête de son héros est unique. Et, des années plus tard, elle imprègne encore de nombreux lecteur.rices

Personnellement, je me suis rapidement lassé et, si j’admirais le dessinateur et le créateur d’univers, je n’encensais pas forcément le conteur.
D’ailleurs, je n’ai retrouvé le mangaka que tardivement, par le biais de l’excellent animé, Knight of Sidonia.
Tower Dungeon sonne donc comme des retrouvailles.

Et, pour le coup, c’est aussi le signe d’un renouvellement pour Tsutomu Nihei.
Reconnu pour ses univers post-apocalyptiques, le mangaka fait ici un détour par la fantaisie.
Un style toujours aussi sombre mais étonnement classique, allant jusqu’à reprendre les codes de Donjons et Dragons.

Et, en effet, ce premier volume ne cherche pas à bousculer les règles.
Une princesse a été enlevée et il faut la libérer.
L’équipe, dont fait partie Yuva, gravit les étages un par un en affrontant des créatures toutes plus dangereuses les unes que les autres.
Et forcément, il y aura un dragon.

Résumé comme cela, Tower Dungeon pourrait n’être qu’un énième récit de fantaisie.
Surtout que, pour le moment, les protagonistes sont à peine esquissés.
Yuva se montre héroïque mais on ne sait guère de choses sur lui ou sur sa force herculéenne.
Quant aux autres membres de le garde, ils ne restent pour le moment que de simples archétypes.
Malgré tout, en quelques cases, certain.es tirent déjà leur épingle du jeu, à l’instar de la magicienne Lilisen.

Pourtant, aussi maigre soit la proposition, la magie graphique de Tsutomu Nihei opère déjà.

La patte graphique de Tower Dungeon

Gestion de l’espace

Même graphiquement, Tower Dungeon reste diffèrent de Blame.
Déjà, le style de Tsutomu Nihei a évolué.

Alors que le trait du mangaka sur Blame était charbonneux, viscéral et torturé, celui qu’il adoptera par la suite s’avère beaucoup plus lumineux.
Les masses d’ombres disparaissent, laissant la place à un trait minimaliste mais accentué par un encrage acéré.
Bien sûr, on retrouve son attachement pour les constructions complexes et les premières scènes lors du voyage de Yuva vers le donjon ne sont pas sans rappeler les ambiances de son premier manga.

Ainsi, avec Tower Dungeon, il porte tout d’abord son attention sur le décorum général. Les costumes et les créatures ont été pensés comme des éléments d’un univers global et crédible.
Comme à son habitude, il s’amuse à élaborer des monstres tous plus effrayants les uns que les autres.
Si on retrouve les inévitables morts-vivants ou le dragon, rappelant la morphologie de ceux d’Escaflowne, le mangaka nous régale de designs complètement dingues à l’instar de ses chevaliers en armure complète ou de l’effroyable monstre du cinquième niveau.

Tout comme Blame, plus que l’intrigue, c’est l’atmosphère générale qui nous emporte et, si le trait peut paraître plus classique, il se montre d’une efficacité rare dans la création d’un monde déjà palpable.

En résumé

Tower Dungeon signe le retour du cultissime auteur de Blame : Tsutomu Nihei. 

Délaissant, au moins un temps, les univers post-apocalyptiques pour les donjons de la dark fantaisie, Tsutomu Nihei nous propose un premier volume efficace, quoiqu'un brin classique.

S'il est difficile pour le moment de nous attacher réellement aux protagonistes, il faut avouer que le trait du mangaka fascine toujours autant.
Entre les architectures envoutantes et les créatures aux designs horrifiques, le mangaka crée un univers saisissant qui nous emporte en quelques coups de crayon.

Si on ne doute pas que les prochains volumes développeront ce lore, on espère néanmoins que la série s'échappera du classicisme imposé par cette introduction.

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