Mots Tordus et Bulles Carrées

La grande école (Nicolas Mathieu / Pierre-Henry Gomont)

Lors du trajet pour l’école, un père et son fils discutent de choses et d’autres.
De la rentrée scolaire, des retrouvailles avec les amis, des repas à l’école et de la nouvelle organisation familiale.
Car aujourd’hui, c’est Papa qui vient le chercher à l’école mais demain, c’est au tour de Maman.

Une rentrée pas comme les autres

Le départ pour l’école

La grande école de Nicolas Mathieu et Pierre-Henry Gomont m’évoque une multitude de souvenirs.
A cette époque maintenant lointaine, la petite fille étant maintenant une grande fille de 20 ans, je l’accompagnais lors de ses trajets d’école.
Chez nous aussi, la cellule familiale s’était disloquée et les discussions étaient nombreuses.
L’inquiétude de la rentrée se mixait au plaisir de retrouver ses amis, les souvenirs de vacances en duo aux imaginaires débordants et lunaires de nos chères têtes blondes.
Ce bouillonnement de réflexion rendait la banalité de ce trajet à chaque fois unique mais surtout nécessaire.

On retrouve tout cela dans le récit de Nicolas Mathieu.
Par le jeu d’illustrations fonctionnant en duo, l’auteur met en scène avec justesse
la relation entre ce papa et son fils.
On ressent autant les inquiétudes de l’un que de l’autre qui, en quelques mots et / ou images, en disent plus que de longs discours.

Ainsi, la rupture familiale est décrite tantôt avec humour, tantôt avec tendresse, grâce à la finesse d’une écriture dont on retrouve les dernières touches dans une conclusion touchante de sincérité.

Un message qui sonne comme une véritable déclaration d’amour.

L’expressivité selon Pierre-Henry Gomont

Une multitude d’expressions

Si on connaît le travail de Pierre-Henry Gomont, c’est avant tout pour ses excellents albums Bds, du récent Slava à l’incontournable Pereira prétend, pour ne citer qu’eux.
À première vue, on est étonné de le retrouver sur un projet d’album jeunesse, même si on peut voir cela comme l’opportunité d’une collaboration avec l’auteur du prix Goncourt 2018.

Cependant, à la lecture de cet ouvrage, il est évident qu’il fallait un illustrateur de la trempe de Pierre-Henry Gomont pour mettre en scène la sensibilité des écrits de Nicolas Mathieu.
Et c’est clairement une réussite.

Du format à l’italienne offrant un écrin impeccable aux illustrations du dessinateur, aux pages reprenant les codes de la bande dessinée, on est épaté par la diversité de la mise en page.
Quant à l’émotion, elle passe par deux niveaux.
Celui d’un père au visage impassible, caractérisé par d’énormes lunettes, cherchant à cacher sa propre tristesse.
Et celui d’un fils aux multiples émotions : étonnement, joie, tristesse, colère…

Les deux visages opposés, celui de l’adule face à l’enfant.
Mais un duo soudé et touchant.

En résumé

La grande école de Nicolas Mathieu et Pierre-Henry Gomont est un album aussi tendre qu'émouvant. 
À travers ce trajet, Nicolas Mathieu met en scène les sentiments et les ressentiments d'un père et d'un fils après les bouleversements de leur cellule familiale. 
Malgré cette banalité apparente, on reste attendri devant la sincérité de leurs échanges, portés par une écriture toute en délicatesse. 

Un album à découvrir et à faire découvrir ! 

Pour lire nos chroniques sur Tibili, le petit garçon qui ne voulait pas aller à l’école ou Tout ce qu’une maitresse ne dira jamais

Bulles Carrées

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