Mots Tordus et Bulles Carrées

La plus grande ( Davide Morosinotto )

Très tôt, j’ai été fascinée par les arts martiaux. La souplesse, la force, les valeurs morales et l’apprentissage de ces techniques millénaires forment un tout lié, dans l’imaginaire asiatique, aux éléments naturels que sont l’eau, l’air, le feu… Davide Morosinotto, auteur jeunesse talentueux de nombreux romans d’aventure, se lance en 2023 dans un récit inspiré d’une figure historique de femme pirate chinoise. Il y mêle justement la piraterie et les arts martiaux. La plus grande, puisque c’est son titre, nous emporte dans un récit de vie et d’apprentissage tourbillonnant et flamboyant. Celui de Shi Yu, au coeur de la Chine des XVIIIe et XIXe siècles.

Histoire de celle qui deviendrait un jour « La Plus grande »

Chine du Sud, 1770.

Shi Yu a 6 ans. Elle doit travailler dans l’auberge de Bai Bai, un homme dur et violent qui l’a recueillie et la nourrit. Frappée et humiliée, elle ne sourit que peu. Elle ne trouve de joie que dans son amitié avec Li Wei, un jeune garçon adroit, initié par son grand-père Li Peng à l’art du Wushu, un art martial de l’air et de l’eau.

Elle s’eclipse régulièrement et discrètement, avec la complicité de Lotus Dansant, une danseuse qui séduit l’aubergiste en échange de sa liberté.

A force de ténacité et caractère, elle apprend vite à se déplacer subtilement. A jouer avec l’équilibre et à éviter les coups.

6 ans plus tard, sa vie va prendre un tournant extraordinaire lorsqu’elle va être enlevée par les pirates de La Mort rouge et intégrer l’équipage. Elle y démontrera tous ses talents. Puis elle apprendra, auprès de Dragon d’or, le commandant, l’esprit d’alliance et le respect des lois de la piraterie.

Enfin, elle prendra la tête de son propre navire, l’Etoile filante, à seulement 16 ans. Et deviendra Lame volante.

Une vie d’aventures et de combats

L’histoire de Shi Yu est fascinante à plus d’un titre.

Davide Morosinotto, s’il s’est inspiré de la vie réelle de Ching Shih, une femme pirate chinoise qui terrorisa les mers du sud de la Chine pendant tout le début du XIXe siècle, a apporté à cette héroïne historique une personnalité et une troupe de compagnons et de compagnes fantastiques.

Ce qui m’avait emballée dans ma précédente lecture de l’auteur, La fleur perdue du chaman de K, à savoir l’amitié entre les deux adolescents et l’aventure au sens noble du terme, se trouve ici amplifié par l’aura de Shi Yu.

Sa vie entière est un apprentissage. Celui du wushu bien sûr, un art martial unique et magique. Celui de son affirmation en tant que femme puissante, meneuse d’hommes et stratège respectée. Celui d’amante et de mère aussi, deux rôles difficiles à endosser quand on commande 300 jonques et plusieurs dizaines de milliers de pirates.

Et c’est là que l’écriture de Davide Morosinotto brille par son efficacité. Il nous présente avec beaucoup de tendresse et d’admiration, les questionnements, les hésitations et les forces et les faiblesses de Shi Yu. De cette enfant déterminée qui cherche à exister autrement que sous le joug des hommes, il nous montre toutes les facettes. Une femme multiple et originale, qui n’a pas eu d’équivalent dans le monde. Sensible, décidée, stratège, attachante et impressionnante.

La relation entre les pirates, fondée sur le respect et la liberté, est également mise en valeur.

Le roman, malgré ses 639 pages, se dévore avec passion. Aventure, scènes de bataille navale, amitiés, trahisons, rebondissements, tout est réuni pour un grand spectacle mais aussi une explosion d’émotions. L’aventure avec un grand A. Celle d’une vie extraordinaire.

Pourquoi lire La plus grande ?

La plus grande, le dernier roman de Davide Morosinotto, nous ouvre grandes les voiles de l'aventure, à la croisée des chemins de la piraterie et des arts martiaux. En suivant la vie riche en émotions et en combats de Shi Yu, alias Lame volante, les lecteurs découvriront la personnalité de la plus grande femme pirate qui ait jamais existé mais aussi une personnalité libre, fidèle et ambitieuse. Une femme puissante et brillante. 

Pour lire nos chronique sur Une dose de rage et Human target

Mots Tordus

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