Mots Tordus et Bulles Carrées

La vie selon Céla (Sara Pennypacker)

En 2017, je découvrais Pax et le petit soldat de Sara Pennypacker, un roman profondément touchant sur l’amitié entre un garçon et son renard pendant la guerre. C’est donc tout naturellement que je me suis penchée sur La vie selon Céla, son dernier roman jeunesse, illustré par Matthew Cordell. La question qui trônait en haut de la 4e de couverture a fini de me convaincre : « A quoi servent les gens ?  » Tout un programme…

Etre ou ne pas être une Fleurdépine

Céla Fleurdépine est une jeune fille au quotidien bien rôdé et au monde étriqué. Elle est la fille unique de Mme la maire de Valfoly et du trésorier municipal. Chacun a son obsession : Mme la maire veut devenir célèbre, M. FLeurdépine veut gagner de l’argent. Et il n’y a que peu de place dans leur monde pour leur fille.

Céla a d’ailleurs un prénom tristement évocateur. Sa mère a été mal comprise à la maternité quand on lui a demandé quels prénoms elle voulait donner à son bébé, elle a répondu « C’est là et là! »… Elle vit depuis pour servir ses parents, leur faire à manger, gérer leurs comptes et travailler pour eux. Le tout sans jamais sortir de la maison ou du jardin.

Une jeune fille dévouée

Or un matin, alors qu’elle lit le journal et la rubrique vocabulaire comme chaque jour, elle découvre une information qui va changer sa vie :

C’est un choc pour la jeune fille qui n’y a jamais mis les pieds et qui a appris à lire et à compter toute seule. Elle va enfin pouvoir rencontrer des gens !

Dès lors, Céla, malgré le refus de ses parents qui ne conçoivent pas l’intérêt pour leur fille-esclave de se faire des amis (trop peu rentables), va enfreindre l’une des nombreuses règles qui régissent son quotidien et sortir du jardin pour découvrir le monde extérieur.

Elle y fera des rencontres surprenantes (des enfants, une bibliothécaire généreuse et même un blaireau) et découvrira ce que sont l’amitié et la solidarité.

Devenir qui l’on est

Indéniablement, les lecteurs de Roald Dahl verront dans La vie selon Céla des références évidentes à Matilda. Une jeune fille mal aimée de sa famille, des capacités intellectuelles et empathiques hors normes, des rencontres avec le monde des livres et de la connaissance. Et un illustrateur au diapason (le légendaire Quentin Blake pour Roald Dahl et Matthew Cordell pour Sara Pennypacker).

Mais ce qui fait le sel de ce roman, tout comme celui de l’écrivain anglais, ce sont les personnages secondaires.

Tout d’abord, les parents de Céla, affreux et égoïstes à souhait ! On se demandera tout au long du roman comment deux êtres aussi égocentriques ont pu engendrer une jeune fille aussi généreuse et humble.

Ensuite, les personnages amis tels que Harry, le neveu de la bibliothécaire qui rêve de devenir comédien, ou Osmund, le garçon en combinaison de protection qui a peur de tout. Même Bob, le blaireau.

Un nouvel ami

Enfin, le parcours de Céla va non seulement bouleverser sa vie et lui permettre de s’émanciper de ses parents toxiques mais aussi de faire évoluer la vie de ses nouveaux amis.

Et c’est là tout le talent de Sara Pennypacker. A travers le regard innocent et naïf de Céla, qui découvre tout du monde extérieur, on reprend confiance en l’humain et en la capacité du groupe et de chacun à améliorer la vie de tous.

Une belle leçon de vie, narrée avec beaucoup d’humour et de tendresse.

Pourquoi lire La vie selon Céla ?

La vie selon Céla est un roman plein d'humanité et d'humour, aux personnages attachants (ou délicieusement détestables) qui porte l'amitié en étendard. Sara Pennypacker nous offre une digne héritière de Matilda de Roald Dahl, à la fois maline et pleine d'empathie. Accompagnée des illustrations malicieuses de Matthew Cordell, la quête existentielle de Céla amène les lecteurs à s'interroger sur ce qui fait des autres notre vraie famille.

Pour lire nos chroniques de J’ai dû m’en aller et Deux frères

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