L’Italie et le polar font décidemment bon ménage dans ma pile à lire. Après Marto Pariente, je découvre le dernier prix Babelio Polar & thriller 2025 : Piergiorgio Pulixi avec La Librairie des chats noirs. Ce cosy mystery, publié chez Gallmeister, raconte les enquêtes d’un club de lecture. Ce dernier, réunissant des fans de polars, va aider la police à résoudre une affaire de meurtres en série.


Lequel vivra, lequel mourra ?
Tout commence par un choix impossible. Alors que sa femme et son fils sont ligotés, Nicola a une minute pour prendre sa décision. Qui de sa femme ou de son fils va-t-il désigner au tueur pour être exécuté ?
Alors que la police mène l’enquête, l’inspecteur Flavio Caruso et la brigadière Angela Dimase font appel à Marzio Montecristo, un ancien professeur reconverti en libraire spécialisé polars. En effet, ce dernier connait le jeune garçon qui est le seul rescapé de cette famille assassinée.
Plus tard, alors que la police patauge, c’est au « club du polar du mardi » que la brigadière va faire appel. Ce groupe, passionné d’enquête, va utiliser ses connaissances littéraires et particulièrement celles en polar. Ils réuniront ainsi les pièces du puzzle des indices et feront la lumière sur les motivations du tueur.
– Les affaires les plus difficiles sont toujours les plus banales. Si elles semblent compliquées, c’est parce que l’enquêteur charge le crime d’une complexité qui n’est qu’apparente, à cause de ses préjugés, et qu’il se torture à chercher une réponse là où il n’y en a pas. Mais en réalité, tout est extrêmement simple, la réponse est là où on l’attend le moins, dissimulée sous un voile de banalité. Exactement comme dans La lettre dérobée de Poe.
Entre sa vie de libraire, pas toujours rose au vu du peu de clients qui fréquentent son établissement, et les meurtres à résoudre, la vie de Marzio Montecristo va prendre un nouveau tournant.
Les enquêteur du mardi
Avec La librairie des chats noirs, Piergiorgio Pulixi crée un roman à la croisée du polar et de la satire du quotidien, parsemé de touches d’humour.
En effet, son personnage principal est un vieux libraire célibataire rochon, amoureux transi d’Angela, la brigadière qui peut tout lui demander. Il est allergique aux clientes qui viennent chercher un livre dont elle ne connaissent ni le titre ni l’auteur. Mais il est aussi un homme au grand coeur et un amoureux de la vérité et de la franchise. Ce qui n’est pas toujours compatible avec le commerce qu’il tient…
Quelques minutes plus tard, la porte de la librairie Les Chats Noirs s’ouvrit sur une nouvelle cliente. Celle-ci daigna le saluer.
-Bonjour.
-Bonjour, madame, répondit Marzio.
Il la regarda évoluer avec méfiance entre les rayons. Elle arborait des bijoux élégants, une mise en plis impeccable et des vêtements de marque. Quelques secondes suffirent à Marzio pour la cataloguer comme une cliente difficile : son instinct lui soufflait qu’elle n’allait rien acheter et qu’elle lui ferait seulement perdre son temps, ou dans le pire des cas, ses nerfs. Sans surprise, après quelques minutes où elle s’était contentée de déranger les livres, elle lui demanda, sur un ton provocateur :
-Dites, vous ne faites pas de promotions ?
Il n’y avait qu’une seule catégorie de clients que Marzio méprisait encore plus que ceux qui exigeaient des photocopies : ceux à l’affût des promotions.
-Si madame. Sur les insultes. Aujourd’hui c’est deux pour le prix d’une. Offre spéciale. Vous souhaitez en profiter ?
Et heureusement, il y a Patricia, son assistante à la librairie. Elle rattrape souvent le coup, apportant une touche féminine et accueillante à la librairie.
Enfin, le groupe du club du polar du mardi ne manque pas non plus de personnalités. Entre M. Scalabrini, un homme distingué, Maina, une jeune gothique, Camilla, fan de thrillers sanglants et fine cuisinière, et Frère Raimondo (évidemment grand amateur du Nom de la Rose), la petite troupe s’active pour trouver des indices et relier les différentes victimes pour faire émerger l’identité du tueur et ses motivations.
Le pari de Piergiorgio Pulixi est gagnant. Les touches d’humour sont finement dosées, le thriller efficace et l’ambiance rappelle même parfois Agatha Christie.
Pari doublement gagné puisque La librairie des chats noirs (les bien nommés Poirot et Miss Marple) a son tome 2 : Si les chats pouvaient parler.
Pourquoi lire La librairie des chats noirs ?
Irrésistible et addictif, le roman de Piergiorgio Pulixi se lit avec délice, comme un bon classique d'Agatha Christie, l'humour et le dilemme en plus. L'auteur italien crée avec son club du polar un groupe de personnages dont on reconnaitra les traits, grands connaisseurs et connaisseuses de littérature policière, sans pour autant négliger l'intrigue et les relations entre les personnages. Quand la littérature aide la police à résoudre une enquête, tout un programme ! Alors, entrez dans la Librairie des chats noirs, vous ne le regretterez pas.


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