Le duo Cuvellier–Bianco est de retour pour clore les aventures pleines de fantaisie et de Schmolls d’Elisabeth et Alexandre avec une petite nouvelle : Madeleine sous la ville. Après avoir voyagé sur les toits de Paris et vers l’Amérique, les deux auteurs nous replongent dans le Paris des années folles. On y découvre une petite orpheline muette mais pas naïve et des voyous aux trognes toujours aussi bizarres…
Dans les sous-sols parisiens
On retrouve toujours avec plaisir les personnages caricaturaux à la gouaille marquée créés par Vincent Cuvellier et Guillaume Bianco.
Mais cette fois, la petite héroïne est muette ! Ce qui ne l’empêchera pas de ne pas en penser moins… Avec ses grands yeux et son apparence chétive, on pourrait s’apitoyer sur le sort de Madeleine. Et en effet, elle a perdu ses parents alors qu’elle avait 2 et 3 ans puis elle a été recueillie par M. et Mme Derviche, un riche couple parisien qui l’ont achetée comme on achète un animal de compagnie et qui la confie essentiellement à Armande, sa gouvernante auvergnate.
Or, un jour, alors qu’Armande l’amène à son cours de chant (pourquoi un cours de chant alors qu’elle est muette ? me direz-vous…), la petite se retrouve la proie d’un bandit prénommé Raoul qui projette de l’enlever pour rançon, avec la complicité de sa gouvernante.
Alors qu’elle échappe de peu à ses ravisseurs, Madeleine s’enfuit dans le métro où elle va faire la rencontre de Madame Clou, une sans domicile fixe un peu timbrée mais gentille. Ensemble, elles vont parcourir les couloirs du métro et les égouts.
– On a de la chance, il y a une barque. Sinon, on aurait dû passer par les tuyaux.
La mère Clou monte la première dans l’embarcation, qui sous son poids se met à tanguer dangereusement. Elle tend les bras à Madeleine, qui se retrouve visage contre visage avec elle. C’est marrant, quand même : ça la dégoutait, de faire un bisou du bout des lèvres à Mme Derviche, ou même de lui tenir la main dans les escaliers, mais là, cette vieille toute de graisse, d’odeurs fortes et de tissus chatoyants, de reliefs de maquillage, et de rouille, elle saute dans ses bras en toute confiance et sans dégoût.
Elles vont même rencontrer le Roi des Rats. Et bien sûr Elisabeth et Alexandre !
Mais les bandits sont toujours aux trousses de Madeleine. Comment cette toute petite fille muette de 7 ans va-t-elle leur échapper ?
Catacombes et grande échelle
On retrouve dans ce dernier opus de la série créée par Vincent Cuvellier et Guillaume Bianco ce qui nous avait plu dans les deux tomes précédents.
Tout d’abord, des personnages débrouillards, des héros au grand coeur que la vie n’a pas épargnés, à la Dickens. Mais aussi des méchants aux trognes patibulaires, des célébrités sympathiques et gouailleurs (Joseph Kessel entre autres dans ce dernier tome), sans oublier des Schmolls !

Chacun est décrit à la fois par les mots bien sentis de Vincent Cuvellier et par les illustrations de Guillaume Bianco qui n’a pas son pareil pour croquer malicieusement tout ce petit monde.
Enfin, n’oublions pas que Madeleine sous la ville est une grande aventure, pleine de rebondissements et de sauvetages, de pièges et d’entraide. Le tout prenant vie sous nos yeux dans le décor historique parisien des années 20.
Et l’on n’est pas loin de l’apothéose pour la scène de bagarre finale qui restera dans les annales. Un vrai feu d’artifice (avec pompiers et écrivains engagés corps et âme) !
Pourquoi lire Madeleine sous la ville ?
Avec Madeleine sous la ville, Vincent Cuvellier et Guillaume Bianco closent avec brio leur trilogie parisienne des années 20. Aventures souterraines dans le métro, les égouts et les catacombes, courses-poursuites enflammées, bagarres et affrontements verbaux pleins de gouaille font de ce dernier épisode un final plein de rebondissements. Avec Elisabeth et Alexandre au mieux de leur forme... et les schmolls en prime !



Pour lire nos chroniques de La folle et incroyable histoire du chevalier Léon et ismolène et Chipolata
Dans la même série :
– Elisabeth sous les toits
– Alexandre sous les flots
