Bôken Shônen (Mitsuru Adachi)

Bôken signifie « aventure » alors que Shônen se traduit par « petit garçon ».
Avec ce recueil de petites histoires, Mitsuru Adachi raconte les aventures de jeunes adultes qui redécouvrent leurs souvenirs de petits garçons

Un recueil d’histoires courtes

Une mise en scène drôle et attachante

Bôken Shônen de Mitsuru Adachi est un anthologie regroupant 7 courtes histoires.
Si, format oblige, les nouvelles ne sont pas toutes égales, elles n’en sont pas moins habitées par une douceur et une fantaisie que lui seul peut mettre en scène avec autant de sincérité.

Derrière la porte raconte le retour de Masahiko dans sa ville natale.
Jeune cadre brillant, il est hanté par une faute et ne sait pas comment faire pour la réparer.
Dans Sentier perdu, 3 jeunes amis d’enfances se perdent en voulant rejoindre leur village natal et finissent face à un fantôme lié à leur passé.
Le héros évoque le changement d’un homme qui cherche à tout prix à éviter les problèmes, quitte à laisser la femme qu’il aime à un autre.
Home run sous un ciel bleu, sans soute ma préférée, explore les relations père/fils à travers une passion commune : le base ball.
Le message est une histoire de kidnapping grandiloquente qui montre à quel point le monde est petit.
L’escalier du temps joue avec la temporalité par le biais d’un objet volé.
Le carnet de croquis fait revenir Miyade dans le bar où il a perdu un carnet de croquis, 10 ans auparavant.

Chacun de ces récits est, à son niveau, un condensé de l’univers de Mitsuru Adachi.
Souvent drôle, ils sont surtout caractérisés par une mise en scène des sentiments tellement simple qu’elle parait naturelle.

Le style Mitsuru Adachi

Un auteur à découvrir

La douceur du quotidien

Mitsuru Adachi est un auteur reconnu et apprécié au Japon.
Pourtant, il a beaucoup de mal à percer dans nos contrées.

Paradoxalement, l’oeuvre du mangaka est loin d’être inédite en France.
C’est avec Touch ( Theo ou la batte de la victoire en VF ), diffusé dans le club Dorothée que certains spectateurs découvrent l’oeuvre du maître pour la première fois.
Pour les mangas, c’est aux éditions Tonkam qu’on doit sa publication sur notre territoire.
Touch, Rough, Katsu (réédité aussi par Nobi Nobi) ou Cross Game sont autant de séries qui démontrent un talent encore trop méconnu par la majorité.

Il faut dire qu’à première vue, l’œuvre de Mitsuru Adachi n’a rien de réellement attirant.
On pourrait résumer ses mangas comme de simples romances sportives.
Certes, son dessin est doux , agréable, expressif et fluide.
Mais il a la fâcheuse tendance à reprendre les mêmes designs de personnages pour chacune de ses séries, ce qui peut amener à une certaine redondance.

Et pourtant, pour une raison assez inexplicable, on tombe sous le charme.
Le mangaka est un fin dialoguiste tout en ayant un véritable don dans la gestuelle de ses personnages.
Par le biais d’un simple regard, d’une langue tirée, d’un long silence ou d’un mouvement faussement ridicule, Mitsuru Adachi en dit plus que de longs discours.

Loin des romances sucrées et larmoyantes, il s’interesse avant tout aux jeunes adolescents à forts caractères qui n’hésitent pas à aller à l’encontre des caricatures du genre.
Ses jeunes filles, quant à elles, sont loin d’être des faire valoir.
Elles se montrent d’une grande finesse voire d’une certaine impertinence.
On est souvent surpris d’être emmené là où on ne s’y attend pas.
Même quand l’émotion nous frappe ( et ceux qui ont lu Touch ou Cross Game le savent déjà ), c’est souvent inattendu et percutant.

Alors oui, quand on tombe sur un manga de Mitsuru Adachi, on a tendance à le reposer un peu rapidement.
C’est une erreur et Bôken Shônen est une oeuvre parfaite pour le découvrir.

Garder son âme d’enfant

Evocation d’une enfance éternelle

Malgré tout, ce recueil est un peu à part.
Certes, chacune de ses histoires évoque, toujours avec délicatesse, de beaux moments d’amitié ou d’amour (parental ou sentimental).
Certes, le sport ( MMA et surtout le base-ball ) reste encore présent, même par petites touches.
Quant à l’utilisation du fantastique, si elle peut surprendre, l’auteur en avait déjà fait l’expérience avec Q and A.

Non, ce qui frappe avant tout, c’est l’omniprésence des adultes.
En effet, si ces derniers sont loin d’être absents de sa bibliographie, ils sont rarement les personnages principaux de ses récits.
Ici, ce sont eux qui sont au devant de la scène, même si le monde de l’enfance et de l’adolescence n’est jamais loin.

La plupart d’entre eux ne semblent d’ailleurs pas vraiment heureux et se cachent derrière de faux semblants.
Le monde de l’enfance s’avère plus franc et, en redécouvrant quelques souvenirs d’enfance, il retrouve un peu de cette franchise.

Avec ses récits, Mitsuru Adachi nous conjure de garder notre âme d’enfant.

En résumé

Bôken Shônen est une chouette porte d'entrée vers l'univers de Mitsuru Adachi. 
Tendre, drôle et attachant, on y découvre une écriture qui laisse la place au silence ou aux "non dits" pour exprimer des émotions.
Si les récits ne sont pas tous du même niveau ( Home run sous un ciel bleu, le message, le héros et carnet de croquis faisant partie des meilleurs ), la plupart ont cette touche si caractéristique du mangaka qui saura attendrir même le plus dur des coeurs de pierre. 

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