Je déteste attendre (Einat Tsarfati)

Avec son air renfrogné, ses petites lunettes rondes et cheveux relevés en deux petits macarons sur le haut de la tête, l’héroïne de l’album d’Einat Tsarfati Je déteste attendre ! est d’emblée irrésistible. Sa grand-mère hyperactive, l’ascenseur, le bus, chez le vétérinaire ou encore au restaurant, tout semble s’être ligué contre la petite impatiente. Mais attendre n’est-il pas aussi l’occasion de rêver et d’imaginer ?

Le monde de l’enfance

Que c’est long d’attendre que Mamie décroche quand on l’appelle au téléphone !

Et qu’elle ait la tête à l’envers, qu’elle soit allongée ou les pieds en l’air n’y change rien : la petite doit attendre.

Attendre, ça peut durer très longtemps. Comme quand je téléphone à mamie et qu’elle ne me répond pas. C’est peut être parce qu’elle s’est endormie sur son fauteuil. Ou alors, elle a juste un petit truc à terminer et me répondra après.

L’on découvre alors, sur la double page suivante la multitude d’activités que peut faire sa grand-mère. De la sculpture, de la couture, regarder un match à la télé, s’occuper de ses abeilles, faire des pizzas ou même jouer de l’accordéon. Car mamie est une hyperactive !

Que peut donc bien faire mamie quand elle ne répond pas au téléphone ?

Et l’on comprend mieux le caractère de la petite…

Einat Tsarfati va ainsi égrener toutes les situations pendant lesquelles elle est obligée d’attendre. Mais surtout toutes ces occasions qui font s’épanouir son imagination.

Car imaginer ce qui retarde l’ascenseur ou qui allonge la file d’attente chez le vétérinaire permet à son esprit vagabond et foisonnant de partir dans des hypothèses toutes plus farfelues et drôles les unes que les autres.

Et si finalement attendre s’avérait plus chouette que prévu ?

L’imagination qui fourmille

On sent dans cet album la part d’enfance d’Einat Tsarfati.

La jeune dessinatrice, diplômée des Arts et du design de la Bezalel Academy de Tel Aviv, nous offre des moments de drôlerie et de curiosité dans chacune de ses illustrations.

En effet, ses doubles pages fourmillent de détails, de décors, de personnages dans des situations parfois ubuesques mais qui décuplent les histoires dans l’histoire.

Son trait fin et ses couleurs rosées donnent à l’ensemble un aspect à cheval entre la réalité et l’imaginaire. Et l’on comprend qu’on est davantage dans la petite tête de l’enfant que dans le monde réel.

La lecture de l’album est donc très ludique, l’histoire jouant avec le concept du « cherche et trouve », à la Où est Charlie ?

Enfin, la relation entre la petite et sa mamie est pleine de complicité et l’on comprend, quand grandit l’enfant, que l’attente a développé un imaginaire qui se transmet de mère en fille.

Une galerie de personnages étrangement assortis à leur animal de compagnie…

Quand on met en parallèle la première et la dernière page, on devine tout ce que cette impatience fertile et source d’imagination a pu apporter. Et l’importance de profiter de l’instant avec ceux qu’on aime.

Pourquoi lire Je déteste attendre ! ?

Je déteste attendre ! est un album tendre et drôle sur l'impatience enfantine mais surtout sur la capacité à imaginer ce qui peut se passer quand le temps ne passe pas assez vite. Einat Tsarfati nous fait découvrir l'univers foisonnant d'une petite fille pleine d'idées loufoques et nous rappelle que prendre le temps de profiter de l'instant avec ceux qu'on aime est essentiel. Et qu'attendre peut même s'avérer un bon moyen de cultiver son enfance.
Mots Tordus

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