Head est un robot amateur de cigares et ancien conducteur de Petrol Head.
Mais dans un monde ravagé par la crise climatique, ces courses motorisées et leurs stars ont été abandonnées depuis des années.
Depuis, exilé dans la Smogzone, il rafistole des bolides, avec pour seul compagnon, un oiseau métallique du nom de Dave.
Pourtant, cette routine bien huilée va être bousculée par Lupa, une jeune fille de 12 ans qu’il doit protéger en reprenant, non sans un certain plaisir, le volant.
Courses poursuites déjantées

Petrol Head de Rob Williams et Pye Parr est la dernière prise de Komics Initiative.
Bien moins ambitieux que The Good Asian, on ne peut pas dire que le récit brille par son originalité.
Les codes de cet univers futuriste sont connus et le principe de courses motorisées est un élément assez récurent dans la science fiction.
Malgré tout, les ingrédients sont de bonnes qualités et la sauce prend dès les premières pages.
Il faut dire que Rob Williams, en plus de maitriser son histoire sur le bout des doigts, accorde une attention toute particulière à sa rythmique.
Petrol Head est, en premier lieu, un pur divertissement d’une générosité assez folle.
On s’enflamme pour des scènes de course poursuite explosives. Les moteurs vrombissent et les conducteurs se lancent des défis hors normes, au péril de leurs brèves existences.
Head, en vieux bougon acariâtre au grand coeur, a toutes les caractéristiques du héros d’action américain.
Héritier robotique de John McLane, il fonce dans le tas à coup de punchlines bien senties.
Enfin, les punchlines, c’est surtout le rôle de Dave, son compagnon volatile qui apporte une agréable dose d’humour.
Les protagonistes sont nombreux et construisent petit à petit un groupe autour d’Head.
Que ce soit Lupa, la jeune fille à protéger, ou Hybrid, l’ancien adversaire, chacun a une caractérisation propre, apportant son lot d’émotion et de tension.
Les robots sont divisés entre ancienne et nouvelle générations.
Celle d’Head, beaucoup trop polluante, est exilée dans la Smogzone. Pourtant, il ne faut pas longtemps pour comprendre l’hypocrisie de ce système.
L’O en est d’ailleurs la parfaite émanation. Cet administrateur cybernétique semble contrôler toute une cité, prenant le relai d’une humanité pour le moins absente.
Certes, la réflexion écologique reste mineure mais elle offre quelques pistes intéressantes au récit.
Dessin coloré et généreux

Petrol Head est le premier comics, en tant que dessinateur, de Pye Parr.
Cependant, son expertise de designer pour le magazine de science fiction britannique 2000 AD se ressent dans les pages de ce comics.
Déjà, et c’est important, quand on propose un récit axé autour de voitures et de robots, il faut assurer en mécanique.
Non seulement Pye Parr maitrise le sujet mais il se montre inventif dans ses propositions.
Ses designs ont une identité propre, accentuant le lien entre le conducteur et son bolide.
Le style est détaillé, foisonnant et dynamique.
La narration, sans être extravagante, laisse la place à l’action dans des splash pages démentes.
Ça sent la poussière, l’huile et la carrosserie fracassée !
On notera aussi l’attention tout particulière apportée à la couleur.
Pye Parr avoue, avec modestie, se sentir moins à l’aise dans ce domaine.
Pourtant, la colorisation explose la rétine et accentue le côté réjouissant et presque acidulé du graphisme.
À l’image du scénario, la partie graphique est généreuse, faisant l’effet d’un bonbon acidulé.
Complètement addictif !
En résumé
Petrol Head de Rob Williams et Pye Parr est un blockbuster explosif, généreux et coloré.
Si le scénario de Rob Williams ne brille pas par son originalité, il assume à fond la carte du divertissement teinté d'une légère réflexion écologiste.
Les scènes d'action dépotent et on se laisse embarquer dans cette course folle aux côtés de Head et de la jeune Lupa.
Graphiquement, c'est un ravissement !
Détaillé, dynamique et inventif, Pye Parr fait preuve d'un talent complètement dingue pour une première incursion dans le monde du comics.
On déguste Petrol Head comme une déguste un bon film d'action.
Mais comme une saga en plusieurs volets, il va falloir se montrer patient avant d'en découvrir la suite.


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