Mots Tordus et Bulles Carrées

Robin Infinite (Joshua Williamson/Gleb Melnikov)

Depuis la mort d’Alfred, Damian Wayne, en froid avec son père, disparait de la circulation.
Après des années passées auprès Batman, Robin réintègre l’organisation de sa mère Talia Ra’s al Ghul.
Mais tout ceci est une subterfuge pour en apprendre un peu plus sur une faction dissidente de la ligue des ombres : la ligue de Lazare.
Seul, il part à la recherche de cette obscure organisation et se lance dans un tournoi pour rencontrer son mystérieux leader….

Du fils prodige au fils caractériel

Le fils légitime de Batman

Depuis sa création par Grant Morisson, Damian a toujours fait preuve d’un caractère assez tranché.
Prétentieux, vantard, cynique et légèrement antipathique avec ceux qui l’entourent, il n’avait pas grand chose pour plaire.
En même temps, être le fils de Batman et de Talia Ra’s Ghul a eu de quoi forger le jeune garçon.
Surtout quand celui-ci a passé ses premières années à être élevé pour devenir le meilleur des assassins.

Malgré tout, les auteurs qui ont eu en charge sa destinée ont essayé de l’adoucir tout en respectant son franc parler assez caractéristique.
Que ce soit lors de son partenariat avec Nightwing/Batman ( qui fait d’ailleurs encore une entrée remarquée dans ce premier tome ), son amitié avec Jonathan Kent ( le fils de Superman ) ou le rapport quasi filial qu’il entretenait Alfred, Damian a su se montrer plus sympathique, cassant par moment cette carapace qui le rendait si froid.

Mais dans le monde du comics, rien n’est figé.
Damian s’est toujours vu comme l’héritier légitime de son père mais il a besoin de garde fou pour s’en convaincre.
Alfred était sans doute le plus important et, quand celui-ci disparait, Robin remet forcement beaucoup de choses en questions.
Le fait que ce dernier devienne la conscience du jeune super héros n’est d’ailleurs pas anodin.

Un récit d’action à la portée des jeunes lecteurs

Même Robin lit des mangas

Cependant, ne nous y trompons pas.
Malgré le côté angoissé du personnage, la récit de Joshua Williamson fait avant tout la part belle à l’action tout en multipliant les clins d’oeil aux amateurs de Shonen.
Ainsi Damian lit des mangas en cachette et participe à un tournoi qu’il est persuadé de gagner assez facilement.

A cela se rajoute un casting assez hétéroclite.
Si beaucoup seront ravis de revoir Hawke, le fils de Green Arrow, c’est surtout la partie féminine qui se fait remarquer.
Que ce soit Ravager ( encore une fille de .. ) ou la toute nouvelle Fatline, les jeunes filles ne sont pas du genre à se laisser marcher sur les pieds et Damian sera le premier à en faire les frais.

D’ailleurs, sur ce premier volume, son égo va en prendre cher.
Persuadé de sa supériorité, il va vite déchanter.
Si on reste dans l’analogie du shonen, Robin serait plus un Vegeta qu’un San Goku.

Cette tonalité donne au récit une fraîcheur assez agréable.
Certes, le scénario n’est pas des plus originaux mais l’ambiance n’en reste pas besoin haletante et on se surprend à passer les pages une par une avec une certaine gourmandise.
L’intrigue de Joshua Williamson est dynamique et les dialogues teintés d’humour et d’un poil de dérision ont toutes les chances de plaire à un jeune ( mais pas que ) public qui s’amusera des galères de notre jeune héros.

Et franchement, c’est bon de le voir être remis à sa place.

Un dessin énergique et stylisé

La batfamily sans le père de famille

Avant la lecture de cette nouvelle série, je ne connaissais pas du tout le travail de Gleb Melnikov.
Son style dynamique et péchu correspond à merveille au scénario de Joshua Williamson.
Sa mise en page éclatée, typique des comics de super héros, fait la part belle aux envolées du jeune super héros.
Son trait, légèrement carré, fait des clins d’oeil appuyés au manga même si cette influence me semble plus prégnante chez son remplaçant occasionnel Jorge Corona ( qui a un style plus assumé et plus puissant en terme d’encrage).

Assez inexplicablement, je retrouve chez Gleb Melnikov un petit côté Greg Capullo, notamment sur les visages de ses personnages.
Son dessin reste efficace mais demande encore un peu de travail en terme de décors ainsi qu’un encrage peu plus marqué.

La base est là. Il ne reste plus qu’à la faire évoluer.

En résumé

Avec ce premier tome de Robin, Joshua Williamson et Gleb Melnikov proposent un récit abordable, rythmé et teinté de dérision. 

Si la série demande une confirmation sur la longueur, elle part sur de bons rails et permet aux jeunes lecteurs de s'éloigner de l'atmosphère parfois un peu trop sombre des séries Batman.
Par contre, est-ce la porte d'entrée vers une évolution drastique du personnage ? L'avenir nous le dira.

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Bulles Carrées

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