Superman : le dernier fils ( Richard Donner / Geoff Johns / Adam Kubert )

L’histoire se répète.
Un vaisseau spatial s’écrase en plein Metropolis.
Superman, arrêtant in extremis l’objet volant, découvre à l’intérieur un jeune enfant.
Et les premiers tests confirment ce qu’il pressentait : le garçon est Kryptonien
Avec l’accord de Lois, Superman le prend en charge sans imaginer que ce « dernier fils » est arrivé sur Terre pour une raison plus obscure.

Le Superman de Richard Donner

Une suite non officielle

Superman en colère

Superman : le dernier fils de Richard Donner, Geoff Johns et Adam Kubert, pour la partie centrale, est une oeuvre étonnante à plus d’un titre.

Dans les années 2000, Geoff Johns est le grand manitou de Dc comics. Après ses runs sur Flash et Green Lantern, Dc ne pouvait faire appel qu’à lui pour remanier Superman.
Ainsi, il prend en charge Action Comics, en collaboration le temps d’une histoire, de l’homme qui a donné ses lettres de noblesse à l’homme d’acier au cinéma : Richard Donner.
Pour l’anecdote, Geoff Johns a été son assistant sur l’Arme Fatale 4.

Son Superman avec Christopher Reeves dans le rôle titre a fortement marqué les esprits.
Pourtant, la lune de miel a été de courte durée.
En effet, Richard Donner travaille sur le deuxième opus mais le studio le vire et le remplace par Richard Lester.
Frustré par l’expérience, il se battra de longue années pour un director’s cut, édité finalement en 2006 et donnant un tout autre ton à ce second volet.

Et d’une certaine façon, Superman : le dernier fils est le croisement de deux objectifs. Offrir un second souffle au super héros tout en faisant référence au travail de Richard Donner.
Et d’une certaine façon, on pourrait voir cette intrigue comme une version alternative de Superman 2.
Zod est ses acolytes y font leur apparitions en affrontant, à armes égales, un Superman bien en peine.

Et l’un des points forts de ce récit est sa tonalité cataclysmique.
Comme un écho prémonitoire à l’ère Zach Snyder, les affrontements entre kryptoniens sont dantesques, provoquant un nombre incalculable de dommages collatéraux.
Face à Zod, Superman se retoruve face à ennemi de sa trempe mais plus expérimenté et sans le moindre remords pour la population environnante.
Le général est là pour conquérir le monde et en tant que soldat, emprisonné depuis trop longtemps dans la zone fantôme, il n’a guère de temps à perdre.

Il ya une forme de radicalité dans le scénario de deux auteurs qui s’en donnent à coeur joie.
C’est une méthode bien éprouvée par Geoff Johns qui permet à Richard Donner de donner vie à des scènes complètements folles pour un moindre coup.
L’arrivée des Kryptoniens sur Terre en est le meilleur exemple. Époustouflante et digne des plus grands films hollywoodiens, elle n’est sans rappeler celle des Super Sayens dans Dragon Ball.
L’avantage du comics face au cinéma.

Cependant, il ne faudrait pas voir Superman : le dernier fils comme une simple réécriture.
Geoff Johns est là pour apporter son expertise, amenant avec lui des ennemis bien connus de la franchise.
Si le récit commence avec Lex Luthor, c’est aussi pour montrer que le vilain a son propre agenda, amenant le récit vers une coalition de plus innatendues.

Le récit s’amuse à balloter Superman . Autant psychologiquement que physiquement, le héros doit se surpasser et faire face à son héritage.

Les prémisses d’un fils à venir

Le combat d’un père

Cela peut nous paraître fou mais à cette époque, Loïs et Clark pensaient ne jamais devenir parents.
La structure génétique du kryptonien s’était révélée incompatible avec celle de sa femme. Mais embarqué.es dans leur carrières respectives, l’échéance d’un enfant s’était éloigné de leurs esprits.

Alors quand le jeune garçon arrive sur Terre, il chamboule totalement leur vie.
Superman ne peut laisser cet enfant à la charge de scientifiques peu scrupuleux. Et le choix s’impose de lui-même : ils doivent l’adopter.
Avec cette idée, novatrice pour l’époque, Geoff Johns et Richard Donner apportent l’humanité nécessaire pour contraster avec cette effusion d’action.

Dans les fait, tout ne se passe pas aussi facilement.
Lois Lane est plus réservée. Mais comment pourraient-ils être de mauvais parents ?
Au final, cette thématique n’est peut être pas aussi développée qu’elle l’était dans mon esprit lors de ma première lecture.
Mais il est agréable d’assister à la construction de cette nouvelle structure familiale, changeant nécessairement, le statu quo du couple.
Lois & Clark reprennent le rôle des Kent en leur temps, offrant une chance à cet enfant de vivre une vie heureuse auprès de parents aimants.

Malgré tout, il est assez difficile de changer les marqueurs d’un héros aussi populaire que Superman.
Pourtant, à travers cette histoire, on a les prémisses de Jon Kent, apparaissant la première fois en … 2015 !

Alliance de talents

Du pur mainstream

Superman : le dernier fils se compose d’une partie centrale complète par plusieurs annexes.

La partie centrale est dessinée par Adam Kubert, au sommet de sa forme.
Fils de Joe Kubert et frère d’Andy Kubert, Adam est le digne héritier d’une des grandes familles du comics US.
Alors qu’il fait une partie de sa carrière chez Marvel, il se arrive sur Superman en pleine ascension.

Son style reprend tous les codes du mainstream en les dynamitant. Son trait anguleux s’accommode de lignes fortes marquées par un encrage tranché.
Mais la grande force du dessinateur est son audace narrative.
Aucun plan ne lui résiste : plongée, contre plongée, perspective allongée, Adam Kubert donne du rythme à ses planches, se rapprochant d’une narration cinématographique.
Ses anatomies peuvent paraître approximatives mais elles sont compensées par des mises en page iconiques.
Dernièrement, Adam Kubert est moins convaincant, se laissant aller à une forme de minimalisme. Pourtant, Superman : le dernier fils donne un aperçu de ce que pouvait être le mainstream de qualité dans les années 2000.

De leurs côtés, les annexes servent de complètement à l’histoire principale.
Ainsi, les auteurs traitent d’événements secondaires mais essentielles à l’intrigue sans parasiter sa trame principale.
Elles ne sont pas dessinées par Adam Kubert mais les auteurs n’en sont pas moins prestigieux.
On notera la prestation du rarissime d’ Arthur Adams mais aussi celle de Gary Frank qui deviendra, par la suite, un des collaborateurs privilégiés de Geoff Johns.

En résumé

Superman : le dernier fils de Richard Donner, Geoff Johns et Adam Kubert propose une version alternative de Superman 2, alliée aux possibilités infinies du comics. 

Richard Donner reprend des éléments de son Superman tout en l'agrémentant de scènes de combat titanesque pour un moindre coût.

De son côté, Geoff Johns apporte son expertise en incorporant un élément inimaginable à l'époque : un fils.
Par la force des choses, Lois & Clark deviennent parents alors qu'au même moment, le super-héros affronte les derniers kryptonniens.
Certes, l'intrigue fait la part belle à l'action, laissant peut être peu de place à l'émotion mais le comics reste, d'une certaine façon, prémonitoire d'une évolution essentielle du personnage.

Graphiquement, Adam Kubert connaît bien son boulot. En grand expert du mainstream, il explose nos rétines à coup de pages iconiques.
Et en annexe, on a le droit à des auteurs aussi prestigieux que Gary Frank, Arthur Adams ou Rag Morales.

Un récit essentiel pour tous les amateur.rices de Superman

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