Mots Tordus et Bulles Carrées

Batman, la dernière sentinelle (Tom Taylor / Andy Kubert)

Vieux et isolé, Bruce Wayne décide de quitter Gotham City.
Peu importe ses actions pour la ville, le crime n’y a jamais disparu et le chevalier est lassé.
Il part pour Londres et enquête sur un attentat qui semble lié à ses activités de super héros.
Ce voyage à travers l’Europe devient une réponse à l’impact qu’il laisse dans la vie des gens.

Tom Taylor et Batman

Bruce Wayne en action

Hommage à Dark Knight Returns ?

Pour beaucoup, Batman : la dernière sentinelle trouve sa source dans un des récits cultes consacrés à la chauve-souris.
Batman Dark Knight Returns de Frank Miller a considérablement marqué l’histoire du chevalier noir.
Et d’une certaine façon, on retrouve certains de ces aspects dans le récit de Tom Taylor.
Le super-héros vieillissant remet en questions son rôle tout en faisant face à une menace inattendue, l’obligeant à changer de méthode.
La base est bien là mais, même si Urban comics s’autorise le rapprochement, on ne peut pas dire que l’ambition soit la même.

D’ailleurs, je ne pense pas que la volonté du scénariste soit de faire écho à l’oeuvre de Frank Miller.
Batman : la dernière sentinelle est une histoire assez conventionnelle.
Certes, le scénariste australien s’est fait une belle réputation avec des titres comme Injustice ou le très sympathique Nightwing Infinite mais la plupart du temps, il ne cherche pas à bousculer le statu quo.
Il faut avant tout y rechercher de bons divertissements plutôt qu’un gros coup de pied au mythe du super héros.

Un pur divertissement

Et Batman : la dernière sentinelle rempli amplement cette fonction.
L’idée majeure du récit tient à la délocalisation du héros hors de son territoire habituel.
Si l’idée n’est pas nouvelle, Alan Grant et Frank Quitely l’ayant déjà testée sur Scottish Connection, elle réussit néanmoins à apporter un peu de fraîcheur au monde cloisonné de Batman.
Du coup, le héros se retrouve en Europe, sans Batfamily pour l’épauler mais avec le renouveau d’un cast plutôt ingénieux.
Il se permet même de revenir sur le passé de Bruce Wayne à l’époque où il s’entrainait pour devenir le héros que l’on connait.
D’ailleurs, la trame prend par moment des airs de récits d’espionnage, même si le costume n’est jamais bien loin.

Il y a une chose que j’aime beaucoup chez Tom Taylor.
L’auteur, derrière des intrigues sombres, se montre assez optimiste sur la nature humaine.
Même sur un tel personnage, le scénariste trouve toujours une éclaircie et ne tombe jamais dans les excès de paranoïa habituels du Dark Knight.
On peut même affirmer que sa vision est plus proche de celle des origines, notamment dans son refus de toutes formes de violence, que de celle de Frank Miller.

Et même si ses actions impactent effectivement, de façon collatèrale, la vie de certain.es citoyen.nes, il ne peut pas être rendu responsable de leurs choix.

Andy Kubert et Batman

Image classique d’un Batman relooké

Petit à petit, on s’est habitué à voir Andy Kubert dessiner pour Dc comics.
On en oublie presque que son arrivée chez la concurrence a fait, en son temps, l’effet d’une bombe.
Mais le choix s’est avéré pertinent tant l’auteur a su imposer sa marque lors du long run de Grant Morisson sur Batman.

Pourtant, Andy Kubert a une longue bibliographie derrière lui.
Fils du légendaire et regretté Joe Kubert, il entame sa carrière chez Marvel comics à la même période que son frère Adam Kubert.
Pendant longtemps, leurs styles ont été comparés et beaucoup opposaient le classicisme d’Andy à la modernité d’Adam.

Pourtant, ses dessins aux anatomies tordues voire crispées étaient assez déconcertants même s’ils étaient compensés par un mise en page dynamique donnant libre cours à des scènes d’actions flamboyantes.
Son trait avaient un côté old school en comparaison de la nouvelle génération qui allait prendre la pouvoir chez Marvel.
Mais, années après années, il a su progresser et faire de ses errements anatomiques un choix stylistique assumé.
Andy Kubert se démarque aussi par sa vitesse d’exécution.
Comme un Chris Samnee, il est capable d’enchaîner les planches sans que cela nuise à la qualité de son travail.

Sur Batman : la dernière sentinelle, on retrouve cette patte si particulière.
Ses personnages sont rugueux mais la puissance de son trait illustre à merveille les scènes d’actions explosives.
Le design de son Batman s’éloigne du tout technologique pour retrouver la classe d’un long trench-coat remplaçant l’inévitable cape.
Si le style peut paraître désuet, il n’en est pas moins efficace et modernise, d’une certaine façon, la version futuriste du costume qu’il avait créé pour Damian.

En résumé

Si Batman : la dernière sentinelle nous a été vendu comme un des nombreux héritiers du Dark Knight Returns de Frank Miller, le récit de Tom Taylor est avant tout un divertissement efficace, parfaitement mis en image par Andy Kubert. 

Ce petit voyage européen amène certes le chevalier noir à réfléchir au poids de ses actions mais il est avant tout une belle excuse pour délocaliser le héros et nous faire découvrir un nouveau pan de son passé. 

Une mini série classique mais haletante et qui fait bénéficier à Batman de l'esprit lumineux de son auteur. 

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