Suri est une jeune orpheline squattant les allés d’un cirque ambulant.
Au grand dam de son propriétaire, elle raconte ses histoires de monstres à de jeunes spectateurs plus ou moins crédules.
Mais alors qu’elle se retrouve en possession d’une amulette magique et part en quête d’aventure, une mystérieuse équipe se lance à sa poursuite.
Un récit prenant et des personnages attachants
Un univers d’une grande richesse

Chat perché de Jo Rioux est un récit de fantaisie efficace et particulièrement attachant.
Son univers, légèrement esquissé par les histoires de Suri, est peuplé de créatures légendaires plus ou moins sympathiques.
Les carnets de croquis en fin de volume agrémentent cet écosystème tout en développant, à l’image de fiches de personnages, leurs divers caractéristiques.
Le mythe fondateur décrit un environnement varié, peu « visible » pour le commun des mortels mais prenant un place prépondérante au fil des épisodes.
Ainsi, l’autrice se concentre sur une race particulière : les Cat Sith.
Sorte de chats chapardeurs prenant forme humaine, ils tentent de passer inaperçus en évitant les fameux dompteurs de monstres.
Des dompteurs qui, selon les dires de Suri, n’ont pas l’air d’avoir dompté grand chose.
D’ailleurs, avec un certain regret, cette caste ne sera guère développé et disparaîtra dès le second volume pour prendre une direction toute autre, axée autour du passé de Suri.
Une identification facilitée

Au début de l’aventure, on ne sait guère de choses à propos de Suri.
La jeune fille se rêve dompteuse de monstres et n’hésitera pas à défier les multiples créatures qu’elle rencontrera.
Cependant, elle n’est pas une chasseuse commune et ses rapports avec ces monstres sont plus complexes qu’il n’y paraît.
Sa rencontre avec Byron et Caglio en est la preuve.
Tout inspirait la crainte autour de cette cage : le monstre autant que son étrange propriétaire, à la démarche chaloupée.
Pourtant, elle sympathise rapidement à ce gros toutou de Byron, devenant petit à petit un allié précieux.
Au fil des pages, un trio iconoclaste prend forme auquel on s’attache avec une facilité déconcertante.
L’ensemble donne un récit drôle, dynamique qu’on déguste avec plaisir.
Après un premier opus introductif, le second plante ses enjeux en multipliant les intervenants et les confrontations.
Le troisième répond aux questions laissées en suspens. Comme toute bonne aventure, celle-ci doit avoir une fin.
Une conclusion légèrement frustrante, tant l’univers de Jo Rioux avait encore à divulguer.
Un dessin doux et coloré

Le trait de Jo Rioux reste, pour une série jeunesse, assez classique et ne surprendra pas.
Malgré tout, la douceur de son trait et la souplesse de ses crayonnés enchanteront bon nombre de lecteurs.rices qui se laisseront porter par une mise en page solide et percutante.
L’autrice accorde une certaine importance aux designs de ses personnages.
Si elle opte pour les « humain.es » une approche enfantine, elle sait ménager ses effets et trouve son originalité à travers les designs de Caglio ou de Byron.
Cependant, on la sent moins à l’aise sur des créatures plus monstrueuses et n’échappe pas à un petit côté Pokemon.
Malgré tout, elle tire son épingle du jeux notamment avec le dragon du 3eme tome qui, sans être vraiment effrayant, impacte le récit par une certaine prestance.
Jo Rioux délaisse certains arrières plans mais compense grâce à une colorisation, se superposant à merveille sur ses crayonnés.
Les tons, lorgnant vers des teintes de vert, apportent de la personnalité à ses ambiances.
En résumé
Chat perché de Jo Rioux est un nouvel univers de fantaisie mettant en scène Suri, une jeune fille qui rêve de devenir dompteuse de monstres.
L'intrigue, simple au demeurant, plaira avant tout aux jeunes lecteurs.rices qui se plongeront dans les aventures de cette jeune héroïne et se régaleront des dessins colorés et dynamiques de l'autrice.
L'humour et l'action sont parfaitement dosé, donnant du rythme à une aventure aux multiples rebondissements.
Comme toute bonne aventure, celle-ci doit avoir une fin.
Si cette conclusion s'avère satisfaisante, on reste légèrement frustré par un univers qui semblait avoir bien plus à dévoiler.


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