Katsu (Mitsuru Adachi)

Par le biais de son ami d’enfance Kyota, Katsuki Satoyama alias Katsu fait la connaissance de Catsuki Mizutani.
Fille du champion de boxe Harune Mizutani, la jeune fille a un caractère bien trempé.
Afin d’entrer en contact avec elle, les deux garçons s’inscrivent dans le club de boxe du paternel en ignorant un détail important.
Tenant son père responsable de la séparation familiale, l’adolescente rejette la boxe et tous ceux qui s’adonnent à ce sport.
Du moins, c’est ce qu’elle tente de faire croire !

Les petites variations de Mitsuru Adachi

Narrer les combats de boxe à sa manière

Déjà présenté avec Bôken Shonen, il n’est pas nécessaire de rappeler pourquoi Mitsuru Adachi est LE grand spécialiste de la romance sportive.
Si le mangaka a consacré une grande partie de sa carrière à cette thématique, il a su rendre chacune de ses oeuvres unique en évitant, de façon presque miraculeuse, les répétitions inhérentes à certains mangas.
Au moins du point de vue scénaristique.

Mitsuru Adachi l’a mentionné à de nombreuses reprises : il adore le base-ball.
Ses plus grandes séries, Touch ou Cross Game, en sont de merveilleux étendards.
Cependant, dans son immense bibliographie, le mangaka a fait quelques infidélités au sport préféré des japonais
Parmi elles, on retrouve Katsu !, un manga portant son attention sur une discipline plus individuelle : la boxe.

Édité par Nobi Nobi, Katsu ! a été publié une première fois aux éditions Pika en 2004.
Devenu depuis bien longtemps introuvable, il aura donc fallu plus de 20 ans pour pouvoir apprécier à nouveau cette oeuvre.

Katsu & Catsu

Une certaine vision de la fèminité

Dès l’introduction du personnage principal, Katsuki Satoyama, le style narratif et graphique du mangaka s’avère, paradoxalement, aussi classique qu’inhabituel.
Auto-dérision, ironie, nonchalance, humour décalé et utilisation constante des silences… Il n’y a aucun doute, le style de Mitsuru Adachi est réellement à part.
Il est d’ailleurs un des premiers à briser le 4eme mur, bien avant le Deadpool de Joe Kelly ou Miss Hulk de John Byrne.

Graphiquement, peu de surprise.
Depuis Touch, on retrouve inlassablement le même type de personnages reprenant ses portraits de jeune adolescent(e)s fétiches.
Avec n’importe quel auteur, on crierait au scandale mais tout passe avec Misturu Adachi.
Sans doute parce qu’il n’a pas son pareil pour nous raconter de nouvelles histoires avec une base et des ingrédients récurrents.

La base, c’est la romance.
Mais, attention, Mitsuru Adachi n’est pas du genre fleur bleue.
Si vous vous attendez à des pleurs, des personnages excessifs qui réagissent n’importe comment sous prétexte qu’ils sont amoureux, passez votre chemin.
Les personnages de Katsu ! étonnent par leur justesse.
Ce sont avant tout des lycéen.es que le mangaka s’amuse à prendre à contrepieds en nous montrant frontalement leur pitrerie.
Les sentiments sont, la plupart du temps, assumés provoquant des situations croustillantes.
Malgré tout, on regrettera, sur les derniers volumes, l’apparition d’une nouvelle prétendante qui, comme avec Though, n’est là que pour provoquer une réaction de la part de Catsuki.

Ainsi, les personnages sont attachants.
Katsuki Satoyama est un adolescent tout ce qu’il y a de plus normal.
Caractérisé par sa nonchalance, il ne cache pas l’intérêt qu’il porte pour la jeune Mizutani.
Mais ici, on ne parle pas de coup de foudre, juste d’une attirance pour une personne qu’il va apprendre à apprécier puis aimer avec le temps.
Au final, il en est un peu de même avec la boxe.
Il s’y met pour Mizutani mais n’imagine à aucun moment toutes les prédispositions qu’il a pour ce sport.
Ce talent quasi inné débouche d’ailleurs vers un élément central de l’intrigue, liant de nombreux protagonistes.

De son côté, Catsuki Mizutani a un caractère bien trempé.
Cette force de caractère attire forcement les regards et les convoitises.
Mais elle n’est pas du genre à simplement jouer les potiches.
Sur les premiers volumes, elle prend la place de son homologue masculin jouant le rôle d’ami, partenaire et coach.
Elle joue un rôle primordial dans l’évolution de Katsuki.
Sans elle, il ne serait sans doute pas devenu ce boxeur talentueux.

Cette approche se retrouve d’ailleurs en contradiction avec le fan service qui égraine les pages du manga.
Mais l’auteur a assez de recul pour se moquer lui-même de ce code narratif.

Et la boxe dans tout cela ?

Un dernier pour la route

Soyons honnête, sur le premier tome, la boxe ne sert que de prétexte.
D’ailleurs, pour Satoyama, ce sport n’est qu’un moyen comme un autre pour entrer en contact avec la lycéenne.
Le combat se fait tout d’abord dans la rue et il est le fait de Mizutani et non de Satoyama.
En effet, même si la jeune fille exècre ce sport, elle a certaines prédispositions qui viennent de l’éducation un peu particulière de son père.

D’une certaine manière, la boxe est une affaire de famille, qu’elle soit proche ou lointaine. Les pères jouent un rôle primordial dans cette non-transmission.
La père de Satoyama ne pourra guère cacher ses anciens exploits et se retrouve bien involontairement entraineur.
Quant à celui de Mizutani, il aimerait impliqué plus sa fille mais cette dernière rejette ses divers tentatives.
Au final si ce sport est le lien qui lie l’ensemble de ces personnages qu’ils le veulent ou pas.

Pour en revenir à la boxe, il faudra attendre en réalité le tome 4 et surtout le tome 6 avec le débuts du tournoi inter-lycéen.
Cette étape quasi obligatoire dans le manga de sport est l’occasion pour le héros de mettre à l’épreuve ses talents et d’affronter son opposant principal, dont je ne dirais rien pour éviter les quelques surprises qui égrainent le manga.

En résumé

Katsu ! est un pur concentré de Mitsuru Adachi. 

S'il délaisse le base-ball pour la boxe, on retrouve avec délice le décalage qu'il apporte à un genre aussi codifié que celui de la romance sportive.
Peu adepte des excès de sentiment, Katsu ! se démarque autant par sa justesse que son autodérision.
Pour le maitre des silences, rien n'est vraiment sérieux.

Attention, cela ne veut pas dire que vous ne serez pas ému ou pris par l'intensité d'un combat.
Bien au contraire, et c'est toute la force des mangas d'Adachi.
Ne jamais savoir quand l'émotion va nous frapper !

Pour lire nos chroniques de In Memoriam et la forêt des disparues

Bulle Carrée

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