Les aventures de Batman & Robin.
Remise en contexte

L’histoire de Batman est peuplé de Robin. De Dick Grayson, devenu Nightwing à Tim Drake, chacun ont une importance particulière dans la vie du Dark Knight.
Mais jusque là, ils étaient ( ou se sont retrouvés ) orphelins et même si Bruce les considèrent tous comme ses fils, ils ne sont pas du même sang. Hormis Damian !
Damian Wayne est le fils de l’union de Talia Al Ghul et Bruce Wayne.
Héritier légitime du riche milliardaire, il apporte avec lui une nouvelle dynamique au duo.
Malheureusement, Damian est un enfant caractériel, agressif et violent.
Et pour cause, élevé par sa mère, son destin était tout tracé : devenir le plus grand assassin de la ligue.
Si elle accepte que son fils rencontre son père, c’est avant tout pour prolonger sa formation. Elle n’imagine pas que Damian puisse adhérer aux idéaux de Bruce.
Et effectivement, son chemin sera parsemé d’embûche.
À la « mort » de Batman, Dick Grayson reprend le titre et garde Damian à ses côtés. et si les premiers temps sont houleux, le jeune prodige va apprendre à respecter son ainé, sans pour autant rogner la violences de ses actions.
Or quand Bruce revient à la vie, reprenant inévitablement le costume, il fait face à un fils qu’il va devoir apprendre à connaître.
Tueur né

En reprenant le costume, Bruce Wayne se charge aussi de la formation de son fils, Damian Wayne.
Mais ce dernier, qui a déjà enfiler le costume de Robin aux côté de Dick Grayson, supporte mal l’autoritarisme de son père.
Alors quand un ennemi de Batman ressurgit, le jeune prodige en profite pour exprimer sa rébellion.
Mais ira t’il jusqu’à trahir les idéaux de Batman ?

Avec Batman & Robin, Peter J. Tomasi et Patrick Gleason poursuivent les bases posé par Grant Morisson sur le run précédent.
Pour beaucoup, Damian Wayne est une des dernières grandes innovations de l’histoire de Dc comics.
Pourtant, le jeune freluquet a tout pour agacer. Arrogant, prétentieux, son comportement reflète assez bien l’image qu’on pourrait se faire d’un « jeune » Batman.
D’ailleurs, ce n’est pas par hasard, que quelques années plus tard, Peter J. Tomasi le mettra en duo, dans Super Sons, avec un autre fiston légendaire; Jonathan Kent.
Pourtant si Damian reste intéressant, c’est dans sa propension à pouvoir franchir la limite.
D’une certaine façon, on pourrait le rapprocher de Jason Todd, à ceci près, que Damian a été élevé dans un environnement, devant l’amener fatalement à cette conclusion. Or, en accompagnant Batman, il cherche un moyen de trouver un remède à cette éducation retorse.
Est-ce pour autant facile à accepter ? Pas vraiment.
Peter J. Tomasi démontre, qu’outre cette forme de conditionnement, l’adolescent est en pleine phase de rébellion.
Comme beaucoup de Robin avant lui, il accepte mal les ordres de son père mais surtout, il remet en cause ses méthodes.
Et en effet, élever comme un futur assassin, il lui est impossible d’imaginer la résolution d’un conflit par autre chose que la mort.
Pourtant, et c’est sans doute ce qui le rend attachant, Damian n’est pas irrécupérable.
En effet, il fait des efforts tout en cherchant le consentement de son père.
Car plus qu’un mentor, Batman adopte la figure du paternel. Et si ce n’est pas évident pour le fils, ça ne l’est pas moins pour le père.
Bruce cherche à protéger un fils qui s’évertue à se mettre en danger. Et ce n’est pas le retour d’une ennemi venant d’un passé lointain qui facilitera sa tâche.
Le récit de Peter J. Tomasi se montre brutal, dévoilant une violence sous-jacente. Celle-ci s’exprime autant dans les colères de Robin que dans la quête de vengeance de Personne.
Pourtant, il ne faudrait pas oublier que Peter J. Tomasi reste attaché à la psychologie de ses personnages.
Plus qu’une histoire de vengeance, c’est la rencontre entre un fils et un père qui intéressent le scénariste.
Leur dynamique, entre tension et quelques moments de complicité, s’achève sur une conclusion d’arc brutale et désespérée, propice à d’inévitables répercussions.
Le mainstream sauce Gleason

Avec Batman & Robin, on retrouve le style atypique de Patrick Gleason.
Déjà au top de sa forme sur Green Lantern Corps, il démontre qu’il est aussi à l’aise sur les espaces urbains que sur les environnements spatiaux;
Son style, ultra graphique, se caractérise par des masses puissantes épaulé par l’encrage dense de Mike Gray. Les noirs sont profonds mais n’engloutissent pas les personnages.
Les designs sont inventifs à l’image de Personne, un assasin particulièrement saisissant.
Patrick Gleason apporte un soin partculier aux mouvements. Les protagonistes virevoltent dans des positions terriblement « bad ass ». On sent un réel sens de l’iconique autant sur des spash page percutantes que sur les scènes de baston ultra vitaminées.
Le dessinateur se concentre sur l’essentiel tout en donnant du souffle à son dessin. Cette méthode lui permet notamment d’être régulier sur l’ensemble de cet arc.
De son côté, John Kalitz s’occupe des couleurs et proposent des teintes sombres tout en restant dans une forme de sobriété.
En résumé
Batman & Robin de Peter J. Tomasi et Patrick Gleason est un arc majeur consacré au duo Dynamique.
Peter J. Tomasi profite du retour de Bruce Wayne et de la psychologie complexe et contrariée de son fils Damian, pour developer une relation familiale naissante.
Plus qu'un mentor, Batman doit se saisir de son rôle de père pour éviter que le dernier Robin en titre, prenne le chemin d'un Jason Todd.
Si l'histoire de vengeance reste prenante, le scénariste s'intéresse tout d'abord à ses personnages, n'hésitant pas à insuffler quelques moments de vies dans ce bouillonnement de tension.
Patrick Gleason s'empare, sans grande difficulté, de l'imagerie du Dark Knight et y insuffle une atmosphère et une imagerie iconique.
Avec Mick Gray à l'encrage et John Kalitz aux couleurs, ils forment un trio artistique en totale osmose.

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