Edgar vit dans un immense manoir.
Cependant, le jeune garçon ne connaît pas la solitude. En effet, la demeure est hantée mais il s’est habitué depuis longtemps à cette présence, se liant d’amitié, voire plus, avec ces joyeux spectres.
Tous ? Non.
La maison est aussi frappée par une terrible malédiction : celle du corbeau noir.


Esprits et malédiction

J’ai toujours apprécié les histoires de Séverine Gauthier.
De la bande dessinée aux albums jeunesse, son univers de conte fantastique et gothique me parle.
Sans doute un reste de ma passion pour Tim Burton, même si, contrairement au réalisateur américain, la scénariste préfère les atmosphères colorées aux ambiances lugubres et grisâtres.
Et Edgar et la malédiction du corbeau est totalement dans cet esprit.
Si le jeune garçon vit dans une maison hantée, il n’est ici, pas question d’esprit frappeur. Bien au contraire !
Séverine Gauthier divise son récit en deux parties.
La première explore avec tendresse cette étrange cohabitation.
Edgar, seul une grande partie de son temps, trouve dans cette compagnie hétéroclite une source d’amitié et d’aventure inépuisable.
Chacun hante un espace particulier du manoir, lui permettant ainsi de profiter de la gentillesse d’Elisabeth ou de l’espièglerie du Chat noir Pluton.
Quant à Anabelle, esprit sirène et amoureuse, elle l’emmène explorer les merveilles d’un océan foisonnant.
Avec amusement, Séverine Gauthier nous conte un quotidien extraordinaire où un simple bain est la source d’une quête aux mille périls.
Pourtant, un danger guette.
Dans sa deuxième partie, l’autrice oppose au jeune garçon un terrible adversaire : Le Corbeau Noir.
Frappé par une malédiction, le volatile est emprisonné dans le grenier. Alors, il gratte le sol, pousse des cris effrayants qui terrifient le jeune garçon.
À l’instar de L’épouvantable peur d’Epiphanie Frayeur, Séverine Gauthier utilise la peur comme un catalyseur de courage.
Or, Edgar n’est pas seul. Et c’est justement ses ami.es qui lui permettent de puiser en lui les ressources pour affronter cette peur irrépressible.
La double lecture est évidente.
Les plus petits y liront une histoire intense et haletante.
Quant aux adultes, ils découvriront comment un jeune garçon, plein d’imagination, arrive à combattre sa peur du noir.
Un dessin lumineux

On en a l’habitude maintenant ! Clément Lefèvre est synonyme d’élégance et de beauté dans son apparence la plus pure.
Et Edgar et la malédiction du Corbeau ne déroge pas à cette règle.
Les illustrations sont sublimes et l’univers fantasmagorique de Séverine Gauthier lui convient à merveille.
On sent qu’il s’amuse à adoucir la thématique de la maison hantée avec ses couleurs pastels d’une douceur incroyable.
Tout est magnifique dans le petit monde de Clément Lefèvre, même si Le Corbeau noir a de quoi impressionner les plus petits.
Allez, un petit reproche ! Edgar reprend l’archétype d’une bonne partie des personnages créés par l’illustrateur.
On le retrouve dans Billy ou en version ado dans L’île au crâne.
Rien de bien désastreux mais effectivement, je n’aurais rien contre un peu de diversité pour un futur projet qui, on l’imagine, sera sublime !
En résumé
Edgar et la malédiction du Corbeau de Severine Gauthier et Clement Lefèvre est un album enchanteur, d'une élégance esthétique fascinante.
À travers des amitiés hors normes, Séverine Gauthier explore le monde des esprits et des fantômes, source aux aventures d'un jeune garçon curieux.
La maison est certes hantée mais ses "occupants" sont des ami.es sur lesquel.les Edgar peut compter quand la peur du "noir" le frappe.
Quand l'imaginaire et le réel fusionnent pour permettre à un jeune garçon d'affronter ses terreurs nocturnes.
Amitié, peur et univers graphique font d'Edgar et la malédiction du Corbeau un moment de lecture passionnant pour les petits et les grands lecteurs.


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