Les parents de Mikki ne savent plus quoi faire pour aider leur jeune fille.
Mutique, leurs derniers espoirs reposent entre les mains de la clinique Mortèlent et de la professeure en charge d’un programme expérimental.
C’est ainsi qu’après avoir avalé un bonbon, la fillette est aspirée par un tableau représentant une porte ouverte.
Le point de départ d’un long voyage !
Une série jeunesse mystérieuse et haletante
Un monde de porte

La bande dessinée jeunesse se doit d’attirer un nouveau public si elle veut se renouveler.
Mikki de Stéphane Betbeder et Paul Frichet est l’une de ces propositions.
Et l’univers de cette série a tous les atouts pour plaire aux jeunes comme aux moins jeunes.
L’intrigue, enveloppée sous un voile de mystère, envoie Mikki à travers des mondes multiples pour tenter de retrouver le chemin de la « maison ».
Elle y fera la rencontre d’un garçon sauvage portant le surnom de super héros des cavernes.
Attifé d’un masque qui n’est autre que son animal totem, le jeune personnage symbolise assez bien la bizarrerie du monde de Stéphane Betbeder, tranchant au final avec un décorum réaliste.
Chaque volume est consacré à un monde particulier, construit autour de règles prèdéfinies.
Sur le premier, tout tourne autour des portes.
l’idée est un mélange astucieux entre Code Quantum, Sliders et ses mondes parallèles, teintée d’ une petite touche de Jumanji.
D’ailleurs, il n’est sans doute pas anodin de retrouver Mikki dans une jungle avant d’être pourchassée par une immense hyène rose.
Le rythme est soutenu et on ne s’ennuie pas une seconde à suivre le périple de la jeune fille.
Il faut dire que le scénariste de Créatures ne laisse que peu de temps morts à ses personnages et encore moins aux lecteur.rices qui tournent les pages avec avidité.
Un monde sans gravité

À la fin du premier tome, de nombreuses questions restent en suspens.
Le second tome continue son exploration tout en répondant à certaines de nos interrogations.
Après les portes, Mikki est projetée dans un monde sans gravité.
Sans équipements particuliers, la population flotte, prenant le risque d’errer dans les profondeurs de l’au-delà.
Une nouvelle fois épaulée par le super héros des cavernes, la jeune fille doit aider Pétronille à remporter une compétition hors norme.
Mais cette dernière n’est pas des plus dégourdie !
Stéphane Betbeder emmène son héroïne dans un nouvel univers, avec de nouvelles règles pré-établies.
Ainsi, il y explore l’univers des jeux extrêmes, de la compétition et de leurs influences sur la population.
D’une certaine façon, le coach m’a rappelé Mojo, terrible adversaire des X-men, et grand organisateur de jeux télévisuels ( et meurtriers. )
Si la critique du système est moins sévère, on y retrouve malgré tout l’esprit.
Cependant, le scénariste est, avant tout, un amateur de mondes étranges, se frottant parfois au fantastique-horrifique, comme il le montre avec la scène du Renégat.
L’ensemble reste bon enfant mais les effets sont assez efficace pour nous réjouir.
Un univers graphique foisonnant

Jusque là, je n’avais aucune connaissance du travail de Paul Frichet.
Pourtant, c’est en premier lieu la partie graphique qui m’a tapé dans l’oeil.
Certes, on est sur un style jeunesse classique, rappelant de nombreux autres auteurs.
Malgré tout, on s’émerveille rapidement devant la richesse et la maitrise d’un dessin tout en rondeur et souplesse.
Le design des personnages, aussi classique soit-il sur la forme, leur donne une véritable identité.
Mikki ne parle pas sur une bonne partie de l’album, s’exprime que par ses expressions.
Un visage parfaitement caractérisé comme tous ceux que l’on croisera au cours de l’album : enfants, adultes et même animaux.
La hyène, folle et ricanante, provoque des course poursuites haletantes et admirablement mises en scène.
Quant au Renégat, il apparaît comme dans nos pires cauchemars.
On notera, pour terminer, une très belle mise en couleur, lumineuse, enveloppant les différentes atmosphères de cet album.
Qu’on soit en pleine jungle, en ville ou dans un désert, le lecteur.rice est plongé dans l’univers de chaque tableau.
En résumé
Mikki de Stéphane Betbeder et Paul Frichet est une nouvelle proposition de bd jeunesse attirante et réjouissante.
À travers cette course poursuite, les auteurs mettent en scène des mondes multiples, (ville, jungle et / ou désert) regorgeant de mystères et de bouleversements.
Le premier volume introduit les personnages ainsi que nombreux concepts (expliqués ou non) tout en privilégiant un rythme soutenu et des scènes d'action illustrées par les magnifiques dessins de Paul Frichet.
Le second reprend l'aventure là où on l'avait laissée. On explore, au côté de Mikki, un nouveau monde plein de promesse et de bizarreries.
Et si la gravité était un instrument pour un jeu télévisuel ? Tout un programme !
La conclusion semblent répondre à quelques questions même si, avec Stéphane Betbeder, le doute est toujours permis !


Pour ire nos chroniques sur Poltron Minet et La fleur perdue du Chaman de K
