The Rocketfellers (Peter J. Tomasi / Francis Manapul)

Les Rocketefellers ne sont pas une famille comme les autres.
Voyageurs temporels, ils sont pourchassés par Cronex et doivent faire profil bas au XXIeme siècle.
Mais pour ses habitants du XXV eme siècle et amateur de sensations fortes, il est bien difficile de passer inaperçus.
Mais ils n’ont guère le choix. Et ils doivent s’intégrer du mieux possible.

Une génération d’aventurier

Après avoir découvert les différentes séries de Geoff Johns du label Ghost Machine, une deuxième section s’ouvre devant nous avec The Rocketfellers.
Dirigée par Peter J. Tomasi, scénariste récurent des productions Dc comics, elle n’a, à priori, pas vocation à être connectée au pan de Geoff Johns.
Alors certes, une immense splash page y fait référence mais il faut davantage la comprendre comme une unité de label et non un univers interconnecté.

D’ailleurs, par son ton, The Rocketfellers s’avère bien plus familial que Geiger ou Hyde Street.

Le sens de la famille

Fuir ensemble

Quand on connait un peu la carrière de Peter J. Tomasi, il n’est gère étonnant de le retrouver sur un titre avec cette tonalité familiale.
Au final, la force de son run sur Superman ou Batman & Robin provient justement de sa gestion des rapports familiaux que ça soit au sein de la famille Kent ou entre Bruce et Damian. J’aime bien penser que si Damian Wayne est la création de Grant Morrison, c’est Peter J. Tomasi qui en a fait ce qu’il est.

Et on retrouve exactement cela avec The Rocketfellers.
Certes, ce sont de pures créations mais la dynamique familiale fonctionne à merveille avec , pour chacun, des caractéristiques bien spécifiques.
Cette cellule, composée de 3 générations et d’un petit toutou, digère parfaitement ses inspirations.
Effectivement, il est difficile de ne pas penser aux Quatre Fantastiques en lisant ce comics. D’ailleurs, les deux parents, Rachel et Roland, reproduisent les archétypes de Red et Sue, avec une vision fondamentalement plus moderne pour la mère de famille.

Et alors que le père passe son temps dans son atelier, tentant de résoudre une mystérieuse énigme, les autres membres de la famille vivent leurs vies à leur façon.
Alors que Rachel essaie de retrouver ce goût de l’aventure qui lui manque tant, ses enfants agissent comme des gamins avec une culture d’époque en totale décalage avec celle dans laquelle ils doivent se terrer.
Celui qui marque le plus les esprits, c’est sans doute le grand-père, Rodney qui malgré son âge attire encore les regards autour de lui.
il est difficile de ne pas citer sa femme, Rose, dont la situation impacte le statut quo de la famille. Peut être un peu trop légèrement pour ne pas y voir un coup fourré.

Au final, la famille est au centre de tout, autant dans les relations internes qu’externes à la cellule familiale.
En effet, Peter J. Tomasi ne se contente pas de cette cellule, s’amusant aussi avec certains protagonistes secondaires et notamment leur voisin, Tony, qui risque de se retrouver embarquer dans des évènements qui le dépasse.

Le sens du fun

Un oeil en guise de fil rouge

The Rocketfellers ne brille pas forcement pas son propos.
Certes, le scénariste évoque la situation écologique, questionnant une nouvelle fois notre rapport à notre planète mais dans l’ensemble, l’objectif du comics est tout autre.

Car The Rocketfellers est avant tout un pur moment de pulp, absolument délirant à l’image de cet adorable chien, membre à part entière de la famille.
On pourra sans doute reprocher à la série son côté foutraque. Et, il est clair qu’à la lecture de ce première volume, on ne sait pas encore totalement où on veut nous emmener.
Malgré tout, le scénariste a assez d’expertise pour attiser notre curiosité avec de multiples mystères dont certains déjà seront résolus lors de ce premier opus.

Il y a tout d’abord Cronex, jeune femme masquée, lancée à la poursuite de la famille et notamment Roland. Pourquoi ? Quelle est son lien avec eux ? Pour qui travaille t’elle ? Les questions sont nombreuses.
Aussi nombreuses que cet oeil qui absorbe toute l’attention.

Les concepts sont assez ingénieux et délirants et le dynamisme de l’ensemble apporte un vent de fraîcheur à une production généralement plus sombre.
C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus ravi avec The Rocketfellers.
Lumineux et sans prise de tête, le récit n’en est pas moins attachant, s’avérant , sans doute, comme une des meilleures propositions du label.

Le retour de Francis Manapul

Trait et narration stylisée

En me procurant The Rocketfellers, je me faisais la réflexion qu’il y avait bien longtemps que je n’avais pas vu Francis Manapul sur du comics.
Si pour beaucoup, son run sur Flash est resté comme un moment marquant, j’avoue avoir été peu conquis même si graphiquement, la prestation du dessinateur canadien était impeccable.
En réalité, en fouillant dans sa bibliographique, il est surtout resté actif sur les multiples event Dc ainsi que la série The New Justice, au côté de Scott Snyder.
Pour moi, rien de folichon.
Et c’est peut être ce qui résume assez bien ma pensée à propos de Francis Manapul : un excellent dessinateur sur des projets anecdotiques.
Jusqu’à The Rocketfellers.
Non pas que le scénario de Peter J. Tomasi soit hors norme mais il a l’avantage d’être bien écrit, tout en lui fournissant assez de matière pour s’éclater avec un univers légèrement décalé.

Le style de Francis Manapul est très mainstream. Le trait est fin, les designs sont inventifs et l’encrage apporte la profondeur et le dynamisme nécessaire.
Sa mise en page s’avère explosive, tout en sachant se poser dans les moments opportuns.

The Rocketfellers est très beau et si Francis Manapul ne peut pas assurer toute la colorisation, il est parfaitement épaulé par John Kalisz et Ian Herring. Les teintes sont chatoyantes et pastel à souhait.

Une très belle prestation !

En résumé

The Rocketfellers de Peter J. Tomasi de Francis Manapul est un comics familial dans la grande tradition du genre. 

Inaugurant une deuxième section, plus lumineuse, au label Ghost Machine de Geoff Johns, Peter J. Tomasi propose un scénario pulp à souhait où la famille est au centre de tout.
Fun, décalé et parfois foutraque, il est difficile de savoir encore où va nous emmener le scénariste. Il n'empêche que l'intrigue offre un vent de fraîcheur à une production majoritairement sombre et cynique.

En prime, on est content de retrouver Francis Manapul sur un projet, mettant réellement en valeur son talent de dessinateur.

Un petit bonbon, certes sucré mais qui nous laisse avec un sentiment de pur divertissement, sans pour autant nous prendre pour des idiots .
Bulles carrées

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