Hiro, Astushi et Hideo étaient la batterie gagnante de l’équipe de baseball au collège.
Malheureusement, pour des raisons de santé, Hiro et Atsushi doivent renoncer à ce sport, laissant Hideo poursuivre seul leur rêve de remporter le Koshien.
Si Atsushi se met à la natation, Hiro reporte son intérêt sur le football jusqu’à ce qu’il fasse la connaissance de la maladroite Haruka, membre d’un club de fans de baseball.


Pour l’amour du base-ball
Toujours la même chose ?

Mitsuru Adachi n’est pas le genre de mangaka à se casser la tête.
Dès son premier grand succès avec Touch, en 1980, il crée une formule qu’il ne cessera d’utiliser, jusqu’à encore aujourd’hui, avec sa dernière série, Mix, se passant d’ailleurs dans le même univers que Touch.
S’il est un des premiers à insuffler de la romance dans les shonen, il va jusqu’à reprend de nombreux éléments, thématiques et graphiques, les modulant suivant ses envies et son inspiration.
Le sport, et notamment le base-ball, reste le sujet de prédilection, devenant, avec le temps, un auteur incontournable du shonen sportif.
Son écriture use, non sans une certaine malice, d’un décalage constant, prémisse au cassage du 3eme mur, si cher aux auteurs de Deadpool.
Le leitmotif de la description de personnages dans H2 en est un très bon exemple.
De plus, le choix d’une « focalisation externe » oblige son lectorat à analyser les motivations des protagonistes par une communication non verbale et une mise en scène contemplative.
L’objectif est simple : se moquer gentiment de son personnage principal et, très souvent, de ses propres obsessions, notamment pour les petites culottes.
Expliqués ainsi, on peut imaginer que les mangas de Mitsuru Adachi racontent constamment les mêmes histoires, sous la même forme et avec les mêmes personnages.
Et, d’une certaine façon, il serait difficile de démontrer le contraire.
Hiro est une copie conforme de Katsu qui est lui même une copie de Tatsuya. Et, on peut en dire autant d’Atshushi ou d’Haruki. En réalité, on retrouve souvent le même duo, charnière centrale des romances.
Même graphiquement, si son style gagne en précision et en souplesse, voire en rondeur, on garde, de façon quasi obsessionnelle, toujours les mêmes designs.
Mais alors, quel est l’intérêt de lire un manga de plus de cet auteur ?
Et bien, parce que, de façon contre intuitive et malgré un nombre important d’éléments communs, chacune de ses histoires reste unique.
Par la légèreté de l’écriture, sans aucune prise de tête, il réussit la parfaite fusion entre romance, humour, émotion et sport, tout en trouvant la situation qui bousculera nos attentes.
Avec H2, Mitsuru Adachi part d’un constat simple. Et si le héros d’un manga de base-ball se retrouvait, dès le départ, à ne plus pouvoir jouer au base-ball ?
En effet, Hiro avait un brillant avenir avant qu’un médecin lui annonce un soucis de coude de « verre », risquant de s’aggraver avec la pratique de ce sport.
Pour lui, cette annonce signe la fin de l’innocence. Il rêvait de Koshien avec ses deux amis Hideo et Atsushi mais préfère y renoncer.
Et pour ne pas être tenté, il choisit un lycée sans aucun club de base-ball alors que de son côté, Hideo continue une carrière qui s’annonce prometteuse au lycée.
Quant à la romance, si le jeune garçon semble être proche de son amie d’enfance, Hikari, elle est en couple avec Hideo.
L’apparition d’Haruka vient rapidement brouiller les pistes. On sait que graphiquement, Haruka porte les traits de celle qui joue habituellement le rôle de l’ « amoureuse » du héros mais cette fois-ci, il n’est pas impossible que l’intrigue prenne un autre chemin.
Ode au base-ball

Quant à la rivalité sportive, qu’on imagine face à Hideo, elle est mise, au moins un temps, de coté.
Car Hiro décide de s’inscrire dans un club de football.
Or, si H2, et toute la carrière du mangaka, résonne de tout l’amour que porte le mangaka pour le base ball, on ne peut pas dire qu’il en soit de même pour le football.
D’un certaine manière, il donne sa vision d’un sport à la mode mais sans grand intérêt. Ainsi, on découvre une équipe de brutes, peu respectueuse des autres sports, et dont le meilleur élément, Ryutaro, est d’une prétention sans commune mesure.
Dans un premier temps, il sera montré comme un rival potentiel pour Hiro qui, de son côté, ne lui accordera pas vraiment d’intérêt.
Ce qui est d’ailleurs paradoxal, au vu de l’évolution et de l’importance que prendra le jeune garçon.
En effet, un match improbable entre l’équipe de football et celle du club de fans de base-ball se met en place et le talent d’Hiro, rapidement rejoint par son pote Atsushi, éclate aux yeux de la jeune Hakura, qui voit en eux les possibilités de la création d’un véritable club au lycée.
Mais une nouvelle fois, Adachi prend des chemins détournés complexifiant ce qui, à première vue, devrait être simple, en allant notamment jusqu’à mettre en scène une confrontation qu’on n’attendait pas aussi tôt.
Et s’ił est évident que les deux amis vont reprendre le chemin des terrains de base-ball, la raison est des plus incongrues, allant jusqu’à se moquer lui-même de la supercherie.
Notons que ce manga a été adapté en animé et que celui-ci, à l’instar Théo et la batte magique à son époque, m’a laissé quelques brides de souvenirs.
Ainsi, je me souvenais assez bien du désamour du principal pour le baseball et tous les problèmes que cela engendrera par la suite.
Du recrutement au premier match, la nouvelle équipe d’Hiro est loin d’être encore sur pied mais des éléments, déjà prometteurs , sont perceptibles.
Plus qu’à attendre de voir ce que nous réserve le mangaka.
Car, en sport comme en amour, rien n’est jamais simple ! Par contre, c’est souvent drôle.
En résumé
H2 de Mitsuru Adachi pourrait être une énième copie de Touch.
Graphiquement, on retrouve les mêmes designs de personnages, même si le style s'est affiné, avec le fameux diptyque romance / sport si cher au mangaka.
Pourtant, et de façon miraculeuse, H2, comme tous ses mangas, arrive à renouveler ses propositions.
Avec cette écriture remplie de second degré, de finesse et de protagonistes attachants, le mangaka réussit à trouver la petite piste qui en fera un manga unique.
Ainsi, si les ingrédients nous paraissent les mêmes, le final n'a jamais le même goût.
On s'amusera d'ailleurs des petites moqueries qu'il fait au football, lui préférant très largement le base-ball, pour lequel il voue une passion sincère.
Vivement la suite !
