Mots Tordus et Bulles Carrées

Ilos (Marion Brunet)

Alors qu’est paru en février le roman adulte Nos armes, Marion Brunet a publié aussi pour les adolescents le premier tome de ce qui sera une trilogie d’anticipation : Ilos. La couverture bleu et or, présentant les immeubles de Marseille et La Bonne mère sous les eaux, nous plonge littéralement dans l’ambiance. Il sera question ici de montée des eaux, de réchauffement climatique mais aussi d’engagement et d’une cité mystérieuse.

Au service du Commodore

Marseille, 2052.

La cité a été en grande partie engloutie sous les eaux, conséquence du réchauffement climatique et de 8 tsunamis.

Les inégalités sociales se sont aggravées. Avec, d’un côté, les riches qui ont pris le pouvoir et règnent dans de somptueuses demeures climatisées (la température atteint des niveaux records). Et, de l’autre, une population pauvre qui survit dans des logements insalubres en faisant des petits boulots parfois dangereux.

Nolane est l’une de ces jeunes qui plongent pour le compte des puissants afin de dénicher, dans les profondeurs, des objets de valeur abandonnés dans des villas submergées. Elle et son frère Gal sont même particulièrement doués. Le Commodore, un riche mafieux de Marseille, les embauche de force. Mais alors qu’il plonge, le frère de Nolane meurt noyé.

Désormais seule, la jeune femme n’a qu’une idée en tête : venger sa mort en détruisant le responsable.

Pour ce faire, elle va devoir intégrer le cercle restreint qui entoure le Commodore, particulièrement sécurisé. Et même se rapprocher de sa protégée, Bonnie, une nageuse de haut niveau qui prépare les Jeux olympiques.

Mais elle lui faudra prouver sa force et son endurance. Son obéissance aussi, parce que le Commodore ne fait pas confiance à n’importe qui.

Enfin, elle va rencontrer d’autres adolescents avec lesquels elle va trouver un lien et former une bande. Un groupe qui va s’opposer au Commodore, pour des raisons personnelles et diverses, mais surtout pour lutter contre les inégalités dues aux changements climatiques.

Et leurs engagements vont être rapidement confrontés à la réalité.

C’est maintenant

J’ai découvert Marion Brunet avec son huis clos maritime Plein gris. J’avais été impressionnée par l’ambiance noire et tendue qui régnait sur ce bateau mais aussi par la construction très cinématographique de son intrigue.

Ilos reprend ces codes du 7e art mais cette fois dans le genre de l’anticipation.

Le groupe d’adolescents, présenté dès les premières pages, se trouve dans un univers profondément métamorphosé par les conséquences du réchauffement climatique (tsunamis, températures excessives, disparitions de certaines espèces et pauvreté des réfugiés). Il n’est plus question ici d’urgence climatique mais bien d’une réalité brutale et extrême.

Tandis que Bonnie s’entraine sous le regard de son puissant sponsor pour des Jeux olympiques bien peu écologiques, Marie, sa grande-mère, protège des réfugiés. De son côté, Enoch, le neveu du Commodore, cherche sa place dans une famille pesante et oppressante, et va se rapprocher de Nolane, la rebelle.

Si l’autrice traduit un profond sentiment de malaise écologique mais aussi de colère éprouvés par ses personnages, le scénario est bien celui d’un récit à la croisée du thriller et du récit d’aventure. Car le mystère qui se cache sous les eaux émerge peu à peu et annonce deux tomes pleins de rebondissements.

Enfin, les personnalités de ces adolescents du futur, un futur pas si lointain, sont particulièrement intéressantes. Pleines de contradictions, de sensibilité et d’une volonté farouche de s’engager.

Pourquoi lire Ilos ?

Ilos nous entraine dans un futur proche, au coeur d'une cité marseillaise submergée par la montée des eaux. En plongeant avec Nolane, Bonnie, Enoch et leurs amis, les lecteurs découvriront des portraits d'adolescents engagés dans la lutte contre les inégalités exacerbées par les changements climatiques. L'intrigue et l'univers que Marion Brunet met en place explorent un monde soumis aux puissants qui ont su tirer leur épingle du jeu et qui profitent de la pauvreté écologique mais que la jeune génération va tenter de réveiller. 

Mais, au fait, pourquoi "Ilos" ? Le mystère se dévoile à peine... Vivement le tome 2 !

Pour lire nos chroniques sur Chronique de l’île de l’Ephèmére et Elle est le vent furieux

Mots Tordus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Aller au contenu principal