The Marshal King (Boichi)

Dans un monde sous la coupe des Desperados, seuls les Marshals sont garants de la justice.

Jim Godspeed est le fils de « M », l’un des plus célèbres hors-la-loi de la plaine. Or, il ne rêve que d’une chose : devenir Marshal. Il n’hésite pas à éliminer son propre père afin d’intégrer les rangs de la plus prestigieuse académie de Marshal.

Pourtant, le doute est permis. Et élèves comme professeurs se posent la même question : quelles sont les intentions du fils Godspeed ?

Simple , basique !

Chaque nouveau manga de Boichi est un évènement. Et Marshal King a tous les éléments pour attirer l’attention d’un lectorat avide d’action débridée.
Course poursuite et bagarre contre desperados boostés à la technologie sont au programme d’un premier volume qui ne fait guère dans la subtilité.

Il faut dire que la subtilité n’est pas ce qui caractérise le plus son personnage principal : Jim Godspeed.
Pur archétype, le cowboy est aussi primaire qu’il est puissant. Il a une idée en tête et fera tout pour la mettre en oeuvre. Même si pour cela il doit éliminer son propre père!
Pur shonen mais il y avait tous les ingrédients pour en faire une seinen brutal et cynique à souhait.
L’univers, fusion entre western et cyberpunk, est original. L’idée est tellement évidente qu’on peut se demander comment personne n’y a pensé avant.
Si on en est encore au stade de l’élaboration, le mangaka développe certains marqueurs, notamment à travers la catégorisation des armes : les Super Magnum dont le plus puissant se nomme sobrement Excalibur. On comprend rapidement la symbolique.
Cependant, une bonne idée de départ ne fait pas forcement une bonne histoire qui puisse tenir sur la longueur.

Surtout que Boichi ne se prend pas vraiment la tête.
Marshal King reprend à la lettre les codes du shonen, sans jamais chercher à les bouleverser.
On pense pèle-mêle à One Piece qui aurait rencontré Harry Potter au lieu de Clint Eastwood.
Le mangaka semble avoir été imprégné par son expérimentation sur One Piece : épisode A, au point que Jim Godspeed est un sosie d’Ace .
Ainsi, tout comme son homologue, Jim est le fils du plus grand des hors, souhaitant mettre fin à l’ère des desperados.
Cela vous dit quelque chose ? En effet, l’opposition Marshal / Desperados rappelle le conflit Pirate / Marine, à ceci près que Jim est du côté de la justice, tout en restant un « bad boy ».

Les étapes du récit sont balisées : le défi du héros, son intégration difficile, ses premières amitiés et un dernier conflit pour obtenir ce qu’il désire depuis le début.
Balisé et expéditif !
Paradoxalement, c’est plutôt rassurant de voir que le mangaka ne traine pas sur certains éléments superflus comme l’entrainement dans l’académie. On l’a déjà lu des dizaines de fois ailleurs. Ainsi, Boichi l’expédie pour passer à la suite, que l’on espère plus inspirée.

Au niveau des protagonistes, ils sont, comme souvent avec le mangaka, ultra charismatiques.
Mira(nda) Black suinte la classe et, pour une fois, Boichi nous épargne certains plans graveleux qui, rapidement, deviennent gênants.
Agera Dutch Schaffer, avec son look kawaii en total décalage, apporte une petite dose d’humour enfantine mais à la limite de l’idiotie.
Pour le moment, il est difficile d’en dire plus, tant on reste à la surface mais je garde confiance surtout que graphiquement….

…C’est de la balle atomique !

Ecrire que le style de Boichi est magnifique est un euphémisme.
La finesse de son trait, la minutie des détails, la puissance de son encrage sont les caractéristiques de la générosité graphique de l’artiste.

Ayant une appétence particulière pour les récits de science fiction, il se démontre particulièrement à l’aise avec la technologie, créant des robots et des machines toujours plus extraordinaires .
Là où il se montre brillant, c’est sur l’aspect western et notamment les vêtements, d’une classe folle.
Miranda Black, holster à la jambe et jupes courtes ou Jim et sa veste noire, flottant au vent comme une cape de super héros, font leur effet et jouent une part importante dans la caractérisation des protagonistes.
S’ils sont aussi charismatiques, c’est avant tout parce que graphiquement, ils ont un look d’enfer !

Au niveau de la mise en page, on est en classe supérieure. Le dynamisme des scènes d’action transpire d’une d’énergie complètement dingue. Les choix de plans, de cadrages sont rarement superflus et comme un bon film d’action, apporte une sensation de tension constante.
Quand, en plus, le Marshal sort son magnum, cette folie prend des proportions complètement démesurées.

Alors, bien sûr, un dessin ne fait pas tout et, si on est ébloui par ce premier volume, The Marshal King ne peut se contenter que d’un graphisme exceptionnel.
Cependant, il serait hypocrite de ne pas savourer les délices graphiques d’un des meilleurs dessinateurs, travaillant au Japon.

En résumé

The Marshal King est la dernière création de Boichi en tant qu'auteur complet. 
Et, si la série transpire d'une énergie folle, elle ne se montre pas des plus subtiles.

Malgré un univers original, parfaitement mise en image, fusion entre Western et cyberpunk, le récit enchaîne les étapes classiques du shonen sans chercher à les bouleverser.
Malgré tout, ce premier volume va à 100 à l'heure et entre scènes d'action débridée et personnages charismatiques, on ne s'ennuie pas une seconde.
Surtout que graphiquement, Boichi assure comme un dingue, proposant une prestation magistrale.

Cependant, un dessin, aussi majestueux soit-il, ne fait pas forcément une excellente histoire.
Si ce premier volume est loin d'être mauvais, il faudra malgré tout que l'intrigue prenne plus d'ampleur sur la suite pour pouvoir captiver son lectorat sur la longueur.
Bulles carrées

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