Mots Tordus et Bulles Carrées

The Blue Flame (Christopher Cantwell / Adam Gorham)

Sam Brausam est The Blue Flame, un super héros cosmique qui se retrouve à défendre la survie de l’espèce humaine.
Sam Brausam est The Blue Flame, un justicier appartenant à un groupe de héros et qui perd l’usage de ses jambes après une terrible tragédie.

2 identités pour deux quêtes qui se superposent : celle de l’humanité en générale et celle d’un homme, tout simplement.

Deux visions de l’héroïsme

Un super héros qui se bat pour la survie de l’humanité

The Blue Flame de Christopher Cantwell et Adam Gorham, c’est l’histoire d’un même homme dans la peau de deux archétypes super-héroïques.

Le premier est extraordinaire.
Il voyage seul dans l’espace et sa mission, tout aussi incroyable, va l’amener à devenir le défenseur de la planète Terre.
Faisant face au tribunal du Consensus, il doit défendre sa propre espèce pour éviter son extinction.
Assez paradoxalement, si cette version de Sam Brausam rappelle le Adam Strange de DC comics, dont il reprend certaines parties de son design, l’intrigue de Christopher Cantwell se concentre sur la défense pour laquelle doit opter le super-héros afin d’expier les fautes de l’humanité.
L’action aura une petite place mais elle se veut légère et sert avant tout à apporter le rythme nécessaire entre les réflexion set autres recherches du héros.

L’autre version de Sam Brausam est plus « terre à terre ».
En tant que vigilante, il appartient à la brigade nocturne, un groupe de héros costumés dont le plus grand fait d’armes est d’avoir empêché un braquage.
Si leur position de justiciers est critiquée et critiquable, ils ont acquis avec le temps une certaine réputation.
Mais la vie du jeune homme va basculer après une tragédie où il deviendra paraplégique.
Il trouvera de l’aide auprès de sa soeur et de son beau frère auxquels il va mener, malgré tout, la vie dure.

Ces deux vies nous sont présentées, au moins au départ, comme deux destinations parallèles.
Puis, avec subtilité, Christopher Cantwell les lie en les rendant petit à petit indissociables. L’une apportant des réponses à l’autre et vice versa.
Passé, terre alternative, simple rêve ?
L’auteur donne des pistes mais ne tranche pas vraiment.
Comme si, au fond, cela n’était pas le plus important.

Esprit critique et humanisme

Un héros en perdition

À travers ces deux parcours, le scénariste américain décrit une société qui risque de périr à cause de ses errements.

Si on prend le parcours plus réaliste de Sam, on retrouve une dénonciation assez juste des faiblesses du système américain.
Et tout commence par cette obsession du héros.
La socièté américaine a toujours cherché à se trouver des figures inspirantes en les érigeant en surhommes.
La Brigade nocturne en est le parfait exemple.
Ils sont adulés mais personne ne sait rien d’eux.
D’ou viennent-iels ? Pourquoi avoir choisi cette voie ? Ont-ils conscience des risques ?
C’est un peu ce que reproche la journaliste Reed à Brausam

Je trouve votre superhéroisme débile. C’était du fascisme en costumes colorés. Vous vouliez faire régner la justice … sans vous y soumettre.

Mais si The Blue Flame est une charge contre les inégalités, les injustices et la violence de la société américaine, c’est aussi une mise en garde pour le monde entier.
Et ce n’est pas pour rien que le Blue Flame cosmique se retrouve à défendre l’humanité tout entière.
Celle-ci a beau être inventive, créatrice et par moment humaniste, elle n’en est pas moins violente, destructrice et égoïste.
Et c’est peut être en étant enfin honnête avec notre espèce que nous la ferons évoluer.

De ce point de vue, la vie tourmentée du Sam « réaliste » démontre toutes les failles mais aussi les grandeurs des humains.
Au final, on ne devient pas héros en enfilant simplement un costume.
L’héroïsme se construit parfois dans la souffrance, en chutant et en se remettant en question.

Un travail graphique classique mais efficace

Des scènes d’action urbaines maitrisées

Adam Gorham est une jeune dessinateur qui a fait ses premières armes chez Marvel.
Son style, typique du comics américain, lorgne vers le semi réalisme avec un cadrage et une mise en page souple.

Moins à l’aise sur la partie cosmique où l’environnement semble plus difficile à concrétiser pour l’auteur, il se montre plus inspiré sur la partie réaliste.
On soulignera cependant quelques arrière-plans légers mais rattrapés par une très bonne caractérisation.

Le travail de l’auteur, s’il n’est pas foncièrement original, reste efficace et offre malgré tout une belle illustration des propos de Christopher Cantwell.

En résumé

The Blue Flame de Christopher Cantwell et Adam Gorham démontre, une nouvelle fois, toutes les possibilités que peut offrir le genre super héroïque.

Critique sociale et universelle, le scénariste pointe du doigt nos propres errements sans proposer de solutions toutes faites et en évitant de tomber dans le défaitisme.
Une vision de l’héroïsme couplée à une vision du monde.
Le dessin d’Adam Gorham reste maitrisé même s’il semble plus à l’aise dans les environnements urbains.

Une nouvelle fois, on ne peut que souligner l’excellent travail de 404 comics, sur le fond et sur la forme, démontrant la pertinence de ses choix.

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