Hilda & Twig (Luke Pearson)

Les aventures de Twig, le renard-cerf blanc qui accompagne Hilda.

Pas nés de la dernière pluie

Alors qu’Hilda et Twig partent pour une petite ballade, ils sont surpris par la pluie et s’abritent au fond d’une grotte.
Mais, à leur grande surprise, ils ne sont pas seuls. L’endroit sert d’abri à de nombreuses espèces variées, allant du renard au petit lapin.

De son côté, Twig décide de faire le guet dehors.
C’est ainsi qu’il tombe nez à nez avec un immense serpent blanc !

Une nouvelle dynamique

duo sous la pluie
Le duo sous la pluie

Depuis Hilda et le roi de la montagne, datant de 2020, Luke Pearson semblait être arrivé au bout de quelque chose avec sa malicieuse héroïne.
Il faut dire que la conclusion de son adaptation en série animée, au bout de 3 saisons, a été ressentie comme un échec par son auteur.

Pourtant, 5 ans plus tard, le voilà de retour avec une série sobrement intitulée : Hilda & Twig.
Suite directe de la série originale, celle-ci commence comme n’importe quelle aventure d’Hilda invoquant le voyage et la découverte d’un monde extraordinaire.
À un détail près : Hilda n’est pas l’héroïne de son histoire.
En effet, c’est Twig, son animal de compagnie, qui a la lourde tâche de protéger sa maitresse.

Mais au fait, Twig, c’est qui ?
Car en effet, si l’étrange Renard-cerf est présent dès la première aventure d’Hilda, son rôle est essentiellement figuratif.
Animal de compagnie fidèle et protecteur, il n’a jamais eu de réel rôle dans les histoires de Luke Pearson.
Pourtant, avec cette bouille si adorable et son physique hors norme, il y avait matière à travailler autour de ce personnage.

Et le voilà donc doué de parole (pour tout le monde sauf Hilda), volant le rôle titre de la plus belle des manières.
Il faut dire qu’il ne s’imaginait sans doute pas se lancer dans une telle aventure solo.
Ainsi, Luke Pearson invoque ses inspirations scandinaves à travers cet immense serpent blanc, gardien d’un trésor ancestral.
Mais plus que cette quête, ce sont les relations entres les deux bêtes qui intéressent son auteur.
Car, en réalité, les deux créatures ont de nombreux points communs, allant de ce blanc immaculé à leur nature légendaire.
À travers ce Serpent blanc, Twig apprend à se connaître.
Et s’il éprouve une certaine sympathie pour la monstrueuse créature, il se méfie de sa voracité et cherche à l’éloigner le plus possible de la grotte.

Avec cette aventure, Luke Pearson développe le caractère héroïque de Twig.
Inventive, drôle et par moment angoissante, cette rencontre apporte un nouveau regard à l’univers d’Hilda sans pour autant renier son essence.

Le réveil de l’Homme glace

La neige s’annonce enfin.
Et Hilda compte bien en profiter avec son amie, la Géante Burku.
Malheureusement, ce qui devait être une journée de franche rigolade tourne au fiasco.
Non seulement, la poudreuse est rare mais Burku se l’est accaparé, ce qui contrarie fortement Hilda.

Or Twig, jamais à court d’idée, décide d’aller voir l’Homme de Glace pour obtenir un peu plus qu’une fine pellicule blanche !

Amitié contrariée

Après un premier tome sympathique, Hilda & Twig est de retour pour une nouvelle aventure.

Reprenant, la recette du récit précédent, Luke Pearson envoie Twig à la rescousse de sa maîtresse, sans que celle-ci ne s’aperçoive de rien.
Le côté parallèle de l’intrigue fonctionne toujours à merveille et le rapport qu’entretient le gentil renard-cerf avec de légendaires créatures reste amusant.
Surtout que cette fois-ci, l’animal est un peu dépassé par les répercussion causées pas ses actions.

De son côté, Hilda est plus présente.
Luke Pearson en profite pour montrer que sa jeune héroïne peut , elle aussi, avoir un sale caractère.
Surtout quand tout ne se passe pas comme elle l’imaginait. Ainsi, ce qui lui plaisait la veille devient « banal » le jour suivant. Alors qu’elle devrait e rendre compte que le plus important ce sont les moments passés avec son amie.

Un volume, peut être, plus « commun » dans son approche mais qui reste plaisant.

Un dessin cartoonesque

Depuis le premier volume d’Hilda, le style de Luke Pearson n’a cessé d’évoluer.
Synonyme de progrès et d’une aisance constante, elle est aussi la marque de la multiplicité de ses travaux allant d’une couverture de The New Yorker à une histoire sur Adventure Time.
Le grand écart peut paraître énorme, il est pourtant le symbole d’une réputation grandissante.

Si, dans les premiers temps, son trait paraissait plus arrondi et brut, il s’est profondément affirmé sur les derniers tomes pour aborder ici sa dernière forme.
Fortement imprégné d’un esprit cartoonesque, les physionomies de ses personnages abordent des lignes épurées et élégantes.
Ses designs, souvent inspirés, mélangent ses influences scandinaves avec un côté naturaliste et enfantin appuyé.
Twig est tellement adorable qu’il ne serait pas étonnant de le retrouver dans un rayon peluche !

Son encrage gagne en maitrise et apporte de la profondeur à des planches fourmillant de détails.
Cette efficacité narrative et stylistique se retrouve autant dans son trait sur une colorisation, évitant les effets de stylisation inutiles.

En résumé

Après 5 ans d'absence, Luke Pearson est de retour sur son univers fétiche avec Hilda & Twig. 

Suite directe de la série originale, Hilda & Twig fait la part belle à l'adorable renard-cerf qui accompagnait l'héroïne de Luke Pearson.
Pour protéger Hilda, Twig se retrouve embarqué dans des aventures digne des grands contes scandinaves.

Drôle, inventif et surprenant, Hilda & Twig permet de faire la lumière sur la nature héroïque de cette petite créature, tout en abordant la notion d'entraide, de tolérance et d'amitié

Avec un trait d'une élégance rare, Luke Pearson nous offre une nouvelle aventure réjouissante
!

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