Toujours en quête de fantasy, je suis entrée par la dernière porte dans l’univers créé par Pascale Quiviger grâce à H, mort ou vif, son dernier roman de la saga du Royaume de Pierre d’Angle. Sans connaitre le duo formé par Mercenaire et Esmée, j’ai plongé avec délice dans les méandres d’une enquête visant l’exécution des dernières volontés d’un roi.


Le roi est mort, vive le roi ou la reine ?
Alors qu’ils sont invités sous couvert d’un séjour vacancier au royaume de Bergerac, Mercenaire, alias Arash, et Esmée, un duo d’enquêteurs, arrivent après la mort du roi Fénélon. Son testament, dévoilé à Mercenaire en qui il avait toute confiance, révèle un héritage familial compliqué.
En tant qu’exécuteur testamentaire, il devra retrouver le petit-fils du roi, censé être mort 27 ans auparavant dès sa naissance. Un seul indice : l’initiale de son prénom est H.
Et pour corser le tout, Mercenaire et Esmée n’auront que quelques jours pour trouver l’héritier et le faire monter sur le trône. Car ce dernier est très convoité, notamment par René, le beau-fils, époux de Geneviève, la 2e fille du roi. De plus, des Barons s’octroieraient bien aussi ce siège royal.
Il va falloir faire vite et jouer finement car René, dit le Corbillard, a soif de pouvoir !
– Je mets à votre portée ce qui est à la mienne, un peu comme on abaisse la branche d’un pommier pour le plaisir d’un enfant.
René leva le nez au plafond pour y puiser la force de garder son calme.
– Vous êtes imparable. Un peu détestable, aussi.
– Tout dépend de l’interlocuteur.
– Détestable, c’est ce que je disais.
H, mort ou vif est un roman mêlant fantasy et enquête, habilement mené. Une belle pelote dont on démêle les fils petit à petit avec délectation.
Un duo irrésistible
S’il fait plus de 600 pages, H, mort ou vif se lit avec fluidité, notamment grâce à ses deux personnages principaux que leurs caractères et leur complicité rendent très attachants.
Le duo, composé d’Esmée, la courageuse et sensible, éternelle fiancée, et Mercenaire, le stratège et élégant enquêteur, fonctionne à merveille. Ils se comprennent sans se parler, s’écoutent, prennent soin l’un de l’autre, se respectent profondément. Un tel couple d’enquêteurs a rarement été aussi équilibré. Sans oublier la pointe d’humour, le trait qui les unit.
– Tu peux te passer de cotte de mailles, avec ces baleines, ma chérie.
– Je préfère la cotte de mailles. Desserre un peu, laisse-moi de l’espace de réserve.
– Je te rappelle que nous ne nous risquerons pas à manger.
– Je parle de respirer.
Mais le roman ne serait pas aussi addictif si l’intrigue était pâlotte. Et c’est loin d’être le cas !
Une enquête à retardement
Pascale Quiviger nous offre une enquête à retardement. En effet, la recherche de l’héritier H est soumise à de multiples tensions, notamment à celle d’un compte à rebours. Et chaque chapitre marque un des douze jours de l’interrègne. Certains sont courts, tous sont toujours intenses en émotion et en action.
Tous les personnages de cette succession royale trouveront une place sur le grand échiquier de l’héritage. Ainsi, les luttes de pouvoir ne sont pas toujours aussi claires que l’apparence des personnages veut bien nous le faire croire. Au fur et à mesure de la lecture, certains ou certaines vont même bien nous surprendre !
Je terminerai par évoquer celui qui m’a le plus touchée : Guirec. Le prince déchu, a passé de nombreuses années dans un asile, interné suite aux meurtres de deux médecins, après la naissance et la mort supposée de son neveu. Pascale Quiviger en fait un triste pantin, parfois aux allures d’enfant désarticulé, intoxiqué aux drogues, porteur d’un lourd secret et qui ne trouve de réconfort que dans la tendresse des animaux ou d’Esmée.
L’autrice interroge, à travers ses personnages, la notion de famille mais aussi celle des liens qui libèrent ou qui entravent. Une histoire profondément humaine, parfois cruelle mais surtout lumineuse.
Pourquoi lire H, mort ou vif ?
Si, comme moi, vous êtes passé (quelle erreur !) à côté de la saga du Royaume de Pierre d'Angle, que cela ne vous empêche pas de lire H, mort ou vif. Le dernier opus de Pascale Quiviger, qui retrouve son duo préféré d'Esmée et Mercenaire, nous emmène dans le royaume de Bergerac, au coeur d'une enquête pleine de rebondissements sur fond d'héritage royal et de secrets familiaux.
L'autrice donne toutes ses lettres de noblesse à une fantasy vive mais surtout qui interroge sur les rapports de pouvoir qui nient l'humain et qui offre une place singulière aux héroïnes.
La tendresse n'est pas un vain mot, elle est ici une force prodigieuse.


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