Les temps sont sombres dans le royaume des Terres-Mêlées. Une tragique maladie se répand, touchant toutes les franges de la population, sans qu’on sache vraiment d’où elle vient ni comment elle se transmet : le sang d’encre. Alors qu’Olga, une jeune guérisseuse, est appelée pour tenter d’en guérir le prince Evan, les deux grandes familles qui règnent tour à tour sur les Terres-Mêlées vont être soumise à un grand bouleversement.


VOLUME I
Nena Labussière, libraire, scénariste et romancière, est devenue, en un seul tome de ce qui sera une duologie, une autrice qui compte dans le domaine de l’imaginaire, et plus particulièrement de la fantasy médiévale.
Paru en 2024, Le Sang d’encre est une réussite.
L’autrice s’est en effet saisie de tout ce qui fait la fantasy médiévale. Son univers sombre, ses royaumes où règnent la magie, la trahison et les légendes, et ses luttes de pouvoir.
Le Sang d’encre est un roman choral dans lequel retentissent les voix d’Olga, une jeune guérisseuse taciturne, Follet, à la croisée du farfadet et du troubadour, toujours à la recherche de légendes à raconter. Celles de Delvin, le prince cadet des Tyr, à la recherche d’aventure, Ilse, princesse héritière du royaume Lettfeti, qui ne s’en laisse pas compter. Ou encore de la mystérieuse et inquiétante Annwn, concubine du Sénéchal et manipulatrice séduisante.
Aux quatre coins du royaume semble se jouer une guerre des trônes. En effet, selon une loi antique, les deux grandes familles devaient gouverner à tour de rôle. Mais la maladie mortelle qui touche le prince héritier des Tyr rebrasse les cartes du pouvoir.
D’autant plus que se réveillent des appétits enfouis et des forces anciennes et obscures : celles des fays, elles-mêmes descendantes des dangereuse Fatas.
Devenues mortelles, et se défiant désormais des hommes, les fatas se retirèrent et s’éteignirent peu à peu. On dit qu’elles donnèrent aux mers leur dernier souffle et créèrent ainsi les marées. L’or de leurs yeux se figea dans la sève des arbres, et les plaines se virent offrir leur beauté, se couvrant de fleurs rouges, que l’on nomme aujourd’hui les Vengeresses.
Une fantasy médiévale de haute volée
Disons-le franchement, le Sang d’encre est une lecture addictive !
Que ce soient par ses personnages bien écrit ou son intrigue à rebondissements, son scénario ficelé ou son écriture empreinte de néologismes et de langage poétique, on trouve dans cette fresque tout ce qui plait dans la littérature de l’imaginaire.
D’autant plus que sous des apparences assez classiques de la fantasy médiévale, on va trouver des réflexions sur la peur de la maladie, les secrets de famille, le rapport au pouvoir et son rejet, la puissance des mythes…
A ce titre, Olga, Follet, Ilse et Devlin sont des personnages particulièrement intéressants. Chacun semble avoir un destin « écrit » et parfois subir l’image qu’on se fait de lui/elle mais tous vont évoluer et dévoiler une force secrète qui risque de bouleverser le cours de leur histoire.
La colère, jeune fille, ou la Lune sait ce qui t’anime, ne peut guider tes gestes, car rien n’est moins souple que la colère. Le serpe-coeur est une arme qui défend une cause, une idée noble, un sentiment clair… Tu dois mettre dans ton cœur et tes gestes quelque chose de doux et de puissant, d’inébranlable, moins cassant que la rancœur, et moins volatile que l’envie. Comprends-tu?
Nena Labussière prend également le temps de construire un univers forgé dans les légendes et l’Histoire, porteuses d’héritages sombres et d’avenirs inquiétants.
En ce sens, les Cantos, courts récits intercalés entre les chapitres, racontent non seulement la légende des Fatas et des petites-fays mais éclairent aussi sur les dangers et les alliances à venir.
Car la quête du pouvoir est un plan complexe que de nombreux personnages ont tracé, tant dans les couloirs de Kaalun, la capitale, que dans les Cimes ou Temma.
Et la faiblesse des uns va faire jaillir au grand jour la soif de pouvoir des autres.
Amour, amitié, entraide, trahison… Tous les ingrédients sont réunis pour faire du Sang d’encre une lecture contagieuse !
VOLUME II
La situation s’aggrave rapidement pour nos protagonistes principaux en ce début de 2e tome.
A Kaalun, Devlin va être couronné roi, sans grand respect pour son père récemment décédé. L’emprise de Maya, sa future femme, et d’Annwn, la mère de cette dernière, s’accroit dangereusement. L’une commence à ne plus retenir ses pouvoirs, l’autre pose ses pions dans le grand échiquier de la gouvernance. Et toute menace envers elles sera fatalement éliminée.
La porte des Bains s’ouvrit. Maya émergea d’une brume irréelle, tout d’argent et de vert vêtue, resplendissante, immense malgré sa petite taille. Le vert de ses yeux figea l’assistance. On ne s’y était pas encore habitué. Un garde, pétrifié comme les autres durant quelques secondes, ne reprit ses esprits qu’après avoir lâché son arme.
« Ma reine », souffla Devlin en se levant.
Maya s’avança vers lui, son éternel sourire conquérant aux lèvres. Elle était le portrait de sa mère, et pourtant infiniment plus radieuse. Annwn ne tarda pas à apparaitre, et pris place aux côtés du ministre à la Cité, qui se raidit imperceptiblement. Elle était devenue, en quelque sorte, membre de la famille royale.
De leur côté, Olga, Follet, Lotte et Oswald tentent de sauver les malades du sang d’encre. Et la cité par la même occasion. Des sacrifices devront être réalisés pour que les destins de chacun se concrétisent.
Ilse, qui a quitté la cité après avoir renoncé au trône, est en quête de vengeance. Elle part retrouver celui qui a tué son père. Son voyage ne sera pas de tout repos mais sa route croisera des personnages importants pour la suite du récit. Pour son accomplissement aussi.
Tous fils symbolisant les destinées des personnages vont s’entrecroiser pour atteindre l’acmé : l’affrontement contre Maya et Annwn. Et les amis ne seront pas de trop dans cet ultime bataille.
Avec ce deuxième volume du Sang d’encre, Nena Labussière apporte une conclusion magistrale et très cinématographique à son récit. On quitte à regret ces personnages avec lesquels on a vibré et frissonné mais aussi qu’on a aimé détester.
Pourquoi lire le Sang d’encre ?
Avec le Sang d'encre, Nena Labussière nous plonge dans un univers de fantasy médiévale dans lequel on a plaisir à se perdre. Roman choral aux fils enchevêtrés d'aventures sur fond de lutte de pouvoir, l'histoire d'Olga, Follet, Ilse et Devlin offre de nombreux rebondissements et promet des moments épiques.


Pour lire nos chroniques :
- 1629
- Le royaume de Pierre d’Angle