No/Name (Rafal Jaki / Machine Gamu)

Dans un monde où la signification des prénoms donne accès à un pouvoir unique, le NNB (Nordic Name Bureau) joue un rôle de régulateur et de contrôle.
Ralf et Ursula, deux enquêteurs de l’agence, recherchent activement une mère et son enfant, mystérieusement disparus.
Le père, un dénommé Bodil, semble en savoir plus qu’il n’en dit mais son pouvoir de commandement le protège de tout interrogatoire.

Un prénom et un pouvoir à vie

No / Name de Rafal Jaki et Machine Gamu a débuté, tout d’abord, en tant que one shot pour la plateforme Manga Plus Creators en septembre 2023.
Gagnant le premier prix, la série est reprise par la Shueisha dans le prestigieux magasine Shonen Jump + et sera compilé en deux volumes. Elle est la première série « non japonaise » à avoir eu le droit à cet honneur.

Rafal Jaki est un scénariste polonais, ayant travaillé notamment pour Cd Project, éditeur des cartons qu’on été The Witcher 3 et Cyberpunk. On le retrouve aussi au générique de la série animé Netflix, Cyberpunk : edgerunners.
No / Name est son premier , et pour le moment unique, manga.

Et pour une première expérience, il se montre plutôt maître de son sujet..
Déjà, le concept de base est malin. Quelques soient la culture, les prénoms ont une signification et créer une société autour de cette idée paraît une évidence.
Les possibilités sont infinies surtout que Rafal Jaki exploite pleinement son potentiel, en développant différentes games de pouvoirs pour des noms ayant la même significations.
L’idée servira de base à un tournoi « fil rouge » opposant tout.es les porteur.ses d’un prénom signifiant « ours ».

C’est d’ailleurs le cas d’Ursula, une des deux protagonistes, dont nous suivons l’enquête.
Plus jeune que son coéquipier, elle est aussi plus téméraire, plus fougueuse et paradoxalement plus fragile.
Alors que le manga débute sur une première histoire introductive, la résolution en demi-teinte la hantera jusqu’au dernière page du manga.
Marquée par de profonds remords, Ursula n’accepte pas cette justice à deux niveaux.

Ralf est plus pragmatique et peut paraître un peu plus terne en comparaison. Mais son passé tortueux l’amène à se confronter à une conspiration de plus grande ampleur.
Son pouvoir lui permet d’invoquer 3 loups avec lesquels il a établit une relation particulière, faisant de ces bêtes crées de toute pièce, des êtres à part entière.

La dynamique du duo fonctionne à merveille, l’un épaulant l’autre et vice versa.
À ce duo, se rajouteront d’autres protagonistes appartenant au NNB, offrant des interactions diversifiées même si la brièveté de l’oeuvre ne permet pas s’appesantir plus profondément sur leur cas.

C’est d’ailleurs un reproche à faire sur la globalité de l’oeuvre.
L’intrigue est efficace, bien rythmée mais s’avère au finale assez classique dans son déroulement. Rafal Jaki ne prend pas le temps de poser ses pions, dévoilant les rapidement les tenants et les aboutissants de cette conspiration.
On est guère surpris mais open se lève avoir par une gestion de l’émotion particulièrement entretenue.
No / Name fait la part belle a des scènes d’action d’une extrême tension, notamment à partir du second tome.
Malgré tout, on sent qu’une partie de l’intrigue a été expédiée pour pouvoir tenir en deux tomes.
Etait-ce une volonté des auteurs ? de l’éditeur ?
C’est d’autant plus dommage que les « vilains » sont assez charismatiques et auraient mérités plus d’approfondissements sur le long terme.

No / Name, sans être surprenant, reste agréable. C’est une première proposition honnête et plutôt satisfaisante, surtout qu’elle est soutenue par un graphisme détonant.

Un dessin soigné

Symbolisé par un avatar à tête de cochon, Machine Gamu a su préservé le mystère autour de son identité.
Sans être son premier manga, No / Name dévoile une maitrise absolue de son art.

Sur Instagram, l’auteur, peu prolixe , avoue ne pas aimer la couleur. Honnêtement, il en a pas besoin.
Son trait, d’une grande finesse, est marqué par des encrages soignés et particulièrement détaillé.
L’auteur se montre à l’aise, autant sur des personnages charismatiques à souhait que sur des bêtes d’une férocité redoutable.
Quant à sa mise en page, elle est d’une fluidité exemplaire.
Les combat sont brutaux, virevoltants, alliant parfaitement sauvagerie et dynamisme.

Machine Gamu est indéniablement un auteur ou autrice à suivre !

En résumé

No / Name de Rafal Jaki et Machine Gamu est le premier manga "non japonais" à avoir eu les honneurs d'une sérialisation pour le shonen jump. 

Graphiquement le manga est sublime. Le trait, tout en finesse et en subtilité, du mystèrieux-se Machine Gamu fait des merveilles.
La mise en page est soignée, les personnages charismatiques et les combats virevoltants. Une véritable prouesse.

Le scénario de Rafal Jaki, porté par un concept de base original, reste classique.
Néanmoins, pour une première expérience dans le monde du manga, le scénariste polonais s'en sort grâce à un duo attachant et un rythme maitrisé, en dépit d'une fin un peu trop expéditive.

Une première ébauche imparfaite mais qui donne envie d'en avoir plus !
Bulles carrées

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