Mots Tordus et Bulles Carrées

Dark Knights of steel (Tom Taylor / Yasmine Putri)

Alors que Krypton est proche de la destruction, Jor El ne voit qu’une solution pour sauver sa famille.
Ainsi, un vaisseau décolle in extremis et atterit sur la planète Terre.
À son bord, le kryptonien et sa femme enceinte font face à des chevaliers les attaquant sans explications .
C’est en protégeant sa famille que Jor El se découvre des pouvoirs surpuissants.

19 ans plus tard, la famille El est à la tête d’un royaume et doivent faire face aux attaques incessantes du Royaume des orages.

Game of throne super héroïque

Réinterprétation moyenâgeuse

Harley la saltimbanque face à la reine de la forêt, Ivy

Dark knights of steel de Tom Taylor et Yasmine Putri prouve l’intérêt grandissant qu’à DC comics pour son multiverse.
La firme, bien avant Marvel, a toujours eu un appétit pour ces Terres parallèles permettant des approches nouvelles du monde super-héroïque.
Dark knights of Steel en est donc une nouvelle itération à l’époque des chevaliers.

À l’image du Clou d’Alan Davis, tout part d’un détail bouleversant les origines du premier des super héros : Superman.
Ainsi, ce n’est plus seul que Kal El arrive sur Terre mais accompagné de ses parents naturels.
À une époque où magie et chevalerie ne font pas bon ménage, les El forment une famille seigneuriale tentant de s’assimiler au monde extérieur.

À première vue, il peut paraître assez incongru de mixer l’imagerie super-héroïque à celle des chevaliers.
Pourtant, Tom Taylor trouve un axe parfait, rendant son intrigue crédible pour ne pas dire futée.
Plus qu’un récit de superhéros, c’est une confrontation entre deux puissances que nous propose le scénariste américain.
Suivant les camps auxquels ils appartiennent, les personnages sont traités par le prisme de cette époque.
Et franchement, la vision d’ensemble et les réinterprétations qui en découlent s’avèrent inventives et judicieuses.
Les modifications sont importantes mais elles respectent les fondamentaux du genre.
Et forcément, les rapports entretenus aboutissent à des confrontations inédites.
Là aussi, Tom Taylor s’appuie sur ce que l’on connait mais ne s’interdit aucune folie, que cela soit dans les relations familiales ou conjugales.

Logiquement, Bruce Wayne devient le chevalier protecteur des El mais son histoire cache les germes de changements fondamentaux.
Kal El et sa famille ont su préserver leurs valeurs humanistes malgré des choix contestables mais, petit à petit, le récit insère le doute, nous obligeant à remettre en cause nos prérequis.

De courts récits écrits par Jay Kristoff et C.S. Pacat complètent ce premier volume.
S’ils ne sont pas fondamentaux, ils développent le passé de Kal El et Bruce, tout en s’attardant sur certains personnages secondaires.

Affrontement entre grandes puissances

Le royaume des orages

Dark Knights of steel se focalise sur l’affrontement entre la famille El et le Royaume des orages.
Dirigée par le Roi Jefferson, les pouvoirs héréditaires de cette famille sont centrés autour de l’électricité.
Le personnage trouve sa source auprès d’un super héros assez méconnu dans nos contrées : Black Lighting.

Les oppositions sont anciennes, même si un certain statu quo avait été acté.
Or, il sera violemment remis en cause par le Roi Jefferson, relançant ainsi une guerre aux multiples dommages collatéraux.
Tout part d’un sentiment de méfiance.
Le Royaume des orages refuse de laisser le pouvoir à des « étrangers », surtout quand ces derniers enferment tous les êtres magiques pour se protéger.
La magie étant un des rares points faibles de Superman, on peut comprendre les craintes de la famille.
Il est d’ailleurs impossible de diviser ces deux axes entre d’un côté les bons et de l’autre les méchants.
Les deux camps se sentent légitimes mais les actes, engendrés par l’un et l’autre camp, ne cesseront d’envenimer la situation.

Il est sans doute présomptueux de comparer ce récit à Game of throne.
Pourtant, le mélange de manipulation, vengeance et traitrise s’avère être un cocktail explosif.

Au final, chevalier ou super héros, l’esprit reste le même.

Une unité graphique d’ensemble

Une mise en page dynamique

Dark Knights of steel est l’occasion de découvrir le style de Yasmine Putri.
Fan de manga, la toute jeune autrice indonésienne a fait, petit à petit, sa place chez les big two.
Si elle a brièvement collaboré avec Tom Taylor sur Dceased, Dark knights of steel est au final un de ses premiers titres majeurs.

Au niveau du trait, on retrouve un dessin réaliste aux lignes élégantes.
L’encrage est fin et repose sur une maitrise parfaite de la colorisation.
Les designs des personnages sont inventifs tout en respectant une charte graphique plus ou moins lourdes.
Si on est guère étonné de la prestance de son Batman ou de la puissance de Wonder Woman, la dessinatrice s’avère autant inspirée sur John Constantine ou L’homme en vert.
Plus avare sur ses décors, elle compense avec des mises en pages dynamiques et rythmées, retranscrivant ses inspirations premières.

La dessinatrice sera épaulée par Bengal qu’on a le plaisir de retrouver sur un épisode flash back consacré à Bruce Wayne.
Son style, incisif et sec, fait des merveilles, tout en se confondant parfaitement sur la ligne directrice créée par Yasmine Putri.

De la même façon, Caspar Wijngaard, Sean Izaakse et Michele Bandini, s’emparent de courts récits dans des styles variés mais inégaux.

En résumé

Dark Knights of steel de Tom Taylor et Yasmine Putri aurait pu être un énième multiverse. 
Mais, avec intelligence, le scénariste américain se sert de l'historique des plus grands super héros, en les modulant suivant les besoins d'une intrigue à la "Game of throne".
On se laisse emporter par un récit aux multiples surprises, laissant entrevoir un nouvel univers peuplé de chevaliers ou autres sorciers charismatiques.

Yasmine Putri s'empare de ce nouveau monde et propose des designs de toute beauté et une mise en page redoutablement efficace.


L'ensemble donne une première partie de mini-série convaincante dont la qualité, on l'espère, nous sera confirmée par la suite
.

Pour lire nos chroniques de Marvel 1602 et Umbrella Academy

Bulles Carrées

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